Photo: U.S. National Library of Medicine
Si une petite démangeaison ponctuelle n’a rien d’anormal, les démangeaisons chroniques peuvent être insupportables. Hélas, une personne sur cinq souffrira d’un épisode dans sa vie.
Une panoplie de causes provoque ce phénomène : des problèmes de peau (eczéma, urticaire, gale, psoriasis, mycoses…), des maladies comme le diabète, la sclérose en plaques ou le zona, ou même des troubles psychologiques.
« Ce qu’on voit le plus souvent chez nos patients, ce sont les problèmes dermatologiques reliés à la sécheresse de la peau et l’eczéma », explique cependant Yara Asbar, médecin de famille. Elle suggère d’utiliser une crème pour hydrater la peau, surtout pendant l’hiver. « Quant à l’eczéma, cela dépend de la gravité des symptômes. Si c’est un eczéma léger, une bonne crème hydratante suffit, mais pour les personnes ayant des lésions plus sérieuses, il faut utiliser des crèmes médicamenteuses pour les traiter. On peut aussi prescrire des médicaments oraux pour les lésions très sévères », ajoute-t-elle.
Quant aux mécanismes complexes du prurit, l’autre terme pour désigner la démangeaison, les chercheurs commencent à mieux les comprendre.
Lorsque la peau est en contact avec quelque chose d’irritant ou est piquée par un insecte, par exemple, le système immunitaire produit de l’histamine. Cette molécule est reconnue par les neurones sensitifs, qui relaient la sensation de picotement jusqu’au cerveau. Résultat : on se gratte pour soulager temporairement la démangeaison !
Quant à savoir pourquoi certains stimuli physiques légers, comme les pattes d’un insecte, déclenchent un prurit et d’autres non, une étude publiée dans Science en 2015 apporte des éléments de réponse. Menée sur des souris par des chercheurs américains et chinois, elle révèle qu’un groupe de neurones de la moelle épinière agit comme une barrière entre le cerveau et la peau. Ces cellules permettent à la sensation de démangeaison d’être perçue par le cerveau ou non. C’est ce qui fait en sorte qu’on se ne gratte pas constamment en portant des vêtements, par exemple. Les chercheurs pensent que des défectuosités chez ces cellules provoquent en partie la démangeaison chronique.
En regardant une personne se gratter dans une vidéo de cinq minutes, des volontaires avaient deux fois plus tendance à reproduire le même comportement que ceux qui visionnaient une vidéo sans grattage. Publiée dans le British Journal of Dermatology, cette étude démontre qu’on peut ressentir cette envie lorsqu’on voit quelqu’un le faire ou simplement en lisant ou encore, en pensant à la démangeaison. Gageons que vous vous serez gratté au moins une fois à la lecture de cet article !

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