Publicité
Santé

COVID-19: peut-on confier les enfants aux grands-parents?

13-03-2020

Photo: PIxabay

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

C’est le premier réflexe de bien des familles : avec la fermeture des écoles et garderies pour les deux prochaines semaines, demander de l’aide aux grands-parents pour la garde des enfants semble une bonne idée. Mais attention à protéger les plus fragiles!

D’une part, on sait que la COVID-19 touche plus sévèrement les personnes âgées (surtout les 80 ans et plus) ou atteintes de maladies pulmonaires, cardiaques ou métaboliques pré-existantes. D’autres part, les enfants, qui sont peu malades pour des raisons encore mystérieuses, semblent être de bons propagateurs du virus. Alors, doit-on protéger les aînés de nos enfants?

Sur Twitter, la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine, a répondu à cette question posée par un internaute en disant que si «on est convaincu que nos petits n’ont pas la COVID-19 (pas de symptômes) et pas d’exposition connue, on peut demander l’aide des grands-parents. Assurez-vous quand même que les grands-parents se lavent les mains (eau et savon) s’ils mouchent les petits», écrit-elle.

De son côté, la Dre Anne Gatignol, du département de microbiologie et d’immunologie de l’Université McGill, appelle à la prudence. « Je ne pense pas que ce soit sécuritaire de faire garder les enfants par les grands-parents, surtout s’ils ont plus de 70 ans, écrit-elle dans un courriel à Québec Science. Nous ne savons pas s’il y a en ce moment une transmission à bas bruit chez les enfants, qui sont la plupart du temps asymptomatiques. Donc si quelques uns sont contaminés, ils pourraient contaminer les grands-parents, qui risqueraient d’avoir une maladie plus sévère, voire fatale. »

Bien sûr, si les grands-parents sont fragiles ou malades, il faut s’abstenir de les solliciter. Par mesure de précaution, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a par exemple pris la décision de «suspendre temporairement les visites aux résidents et aux patients dans nos différents CHSLD et hôpitaux».

Pourquoi les enfants sont-ils «épargnés»?

Très peu d’enfants, surtout les plus jeunes, ont présenté des symptômes sévères dus à la COVID-19. En Chine, les premiers calculs estiment que seuls 2% des malades avaient moins de 19 ans.

Cependant, comme les enfants sont moins souvent symptomatiques et présentent des symptômes moins graves, ils sont moins souvent testés, ce qui pourrait conduire à une sous-estimation du nombre réel de cas.

Toujours d’après les données chinoises, analysées plus récemment dans une publication de The Pediatric Infectious Disease Journal, « la plupart des enfants infectés se rétablissent une à deux semaines après l’apparition des symptômes, et aucun décès n’a été signalé en février 2020 ».

Les enfants atteints de COVID-19 peuvent être plus susceptibles de développer des symptômes gastro-intestinaux, en plus de la fièvre et de la toux.

La raison de cette «résistance» n’est pas claire. Selon une publication de chercheurs chinois, plusieurs hypothèses sont avancées:

  • Les enfants auraient un système immunitaire «inné», c’est-à-dire qui permet de défendre l’organisme de façon immédiate mais non spécifique, plus réactif que celui des adultes.
  • Ils auraient un système respiratoire plus sain, car moins affecté par des années de pollution ou de tabagisme, par exemple.
  • Les adultes auraient eux tendance à «surréagir» au niveau immunitaire, non pas avec l’immunité innée pour éliminer les virus mais plutôt en générant une réponse inflammatoire dans les poumons potentiellement responsable de détresse respiratoire.
  • Enfin, la nature des récepteurs viraux pourrait expliquer la différence observée entre adultes et enfants. Le virus SARS-CoV-2 et les autres coronavirus humains utilisent une «clé» pour entrer dans les cellules humaines appelée ACE2. Certaines études ont montré que l’ACE2 a aussi un rôle dans certains mécanismes de protection des poumons. Or, la quantité d’ACE2 diminue avec l’âge… Une piste qu’il faudra bien sûr confirmer par d’autres études.

À lire aussi:

Tous nos articles sur le coronavirus

 

Ce type de masque utilisé pour prévenir les épidémies de gastro ou de grippe n’est pas efficace contre la COVID-19. Image: Pexels

Le personnel médical vous implore de cesser de voler des masques

 

 

 

 

 

 

 

Pixabay

COVID-19: les prévisions d’un expert en modélisation

 

 

 

 

 

 

Centre sportif chinois transformé en hôpital pour le traitement centralisé des personnes infectées par le coronavirus SARS-CoV-2. Image: Wikimedia Commons

Coronavirus: les effets de la quarantaine

 

 

 

 

 

 

 

 

Virus causant le COVID-19 que l’on voit ici en jaune sous microscopie électronique. Image: NIAID Rocky Mountain Laboratories (RML), U.S. NIH

COVID-19: l’OMS déclare l’état de pandémie

 

 

 

 

 

 

 

 

Représentation du MERS, coronavirus cousin du 2019-nCoV. Source: Scinceside

Que sait-on sur la contagiosité et la dangerosité du coronavirus?

 

 

 

 

 

 

Laboratoire VIDO-InterVac. Photo: Debra Marshall

Vaccin contre le coronavirus: des chercheurs canadiens y travaillent

 

 

 

 

 

 

 

Publicité

À lire aussi

Santé

À quoi sert l’orthodontie?

Les traitements orthodontiques sont longs, coûteux et parfois douloureux. Améliorent-ils réellement la santé et l’apparence ?
Raphaëlle Derome 29-05-2023
Santé

Éjaculation féminine et autres secrets anatomiques: la science s’y intéresse enfin

L’éjaculation féminine n’est pas une fabulation de la pornographie, encore moins un mythe. Mais comme tout ce qui touche à l’anatomie féminine, elle a longtemps été délaissée par la recherche. Quelques scien­­tifiques pionniers ont levé le voile sur ce mystère et ils ont amorcé, avec d’autres, une grande révision des livres d’anatomie.
Marine Corniou 18-05-2023
EN PARTENARIAT AVEC LES FONDS DE RECHERCHE DU QUÉBEC
Santé

Le sommeil, un enjeu de santé publique

Et si les inégalités sociales se manifestaient jusque sur l’oreiller ? C’est la conclusion vers laquelle pointent les travaux de recherche de Guido Simonelli.
Maxime Bilodeau 18-05-2023
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x