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Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.
Pour freiner la transmission de la COVID-19, les masques médicaux doivent avant tout être portés par les personnes atteintes, ainsi que par le personnel soignant.
Une préposée aux bénéficiaires dans un centre spécialisé en déficience physique raconte qu’en raison de cas de gastroentérite dans l’établissement cette semaine, des masques et des jaquettes d’hôpital étaient placés près des portes des chambres pour l’usage du personnel médical. Les équipements de protection se sont mis à disparaître, alors même que l’approvisionnement n’est pas évident. «Cela nous force à réutiliser le matériel restant, ce qui fait en sorte que nous risquons de nous contaminer ou de recontaminer le client ou un autre client.» Elle a ainsi eu à porter la même jaquette jetable et le même masque pour un quart de travail au complet.
Ces items ne sont pas les seuls recherchés. «Des visiteurs ont brisé un distributeur de Purell à l’entrée pour voler la poche qu’elle contenait. Les gens qui viennent ici ne peuvent plus se laver les mains pour éviter les risques de transmettre ou d’attraper quelque chose.»
Une infirmière aux urgences d’un centre hospitalier de la région de Québec affirme quant à elle devoir «jouer à la police», alors qu’elle est déjà bien occupée par le déluge de patients malades ou simplement inquiets et qui se présentent à l’hôpital plutôt que dans une clinique de dépistage de la COVID-19, comme il se doit. «On a dû intercepter des gens avec des piles de masques dans les mains», dit-elle, choquée.
Elle explique que les masques les plus efficaces, ceux qui sont recommandés pour le personnel soignant (comme les N95), sont placés en lieu sûr. «Dans les salles d’examens, on a dû cacher les masques pour éviter d’en manquer pour nous.» Le personnel médical devra tenir le fort tout au long de la pandémie; il ne faudrait pas qu’ils soient eux-même infectés et en viennent à agir comme vecteurs.
Ces masques ne sont utiles que s’ils sont bien ajustés, ce qui n’est pas évident pour le voleur de matériel médical moyen. «Nous avons des masques adaptés à la morphologie de notre visage pour qu’il n’y ait aucune prise d’air qui passe», indique l’infirmière interrogée. Pour bien choisir le modèle, des tests sont réalisés à l’aide d’un produit en aérosol. «Si on le sent, ce n’est pas hermétique.»
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que «le fait de mal utiliser un masque peut en réalité accroître le risque de transmission au lieu de le réduire», en raison d’un faux sentiment de protection. Le lavage des mains fréquent demeure la mesure la plus efficace pour les personnes en santé.
Santé Canada indique qu’il n’existe «pas de preuve de l’utilité des masques faciaux portés par des personnes en bonne santé ou asymptomatiques comme mesure d’atténuation, c’est pourquoi le port de ceux-ci n’est pas recommandé. Dans le monde entier, les masques se font rares et la demande actuelle de masques ne peut être satisfaite; il convient donc d’encourager leur utilisation appropriée.»
À l’échelle mondiale, les équipements de protection sont effectivement pris d’assaut. La semaine dernière, l’OMS a d’ailleurs demandé à l’industrie de produire 40% plus d’équipements de protection (masques, jaquettes, gants, lunettes, etc). L’OMS précisait que la hausse de la demande n’est pas due à la croissance des cas de COVID-19, mais «à la désinformation, aux achats faits sous l’emprise de la panique et aux gens qui se font des réserves, menant à des pénuries».
L’OMS indique que les proches qui prennent soin des malades confinés à la maison devraient également porter un masque.