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Encyclo

Un poisson qui en dit long sur l’évolution

07-01-2021

Illustration: Katrina Kenny

Pour son édition 2020, notre dossier des Découvertes de l’année s’offre une cure de jeunesse! En plus des textes réguliers de nos journalistes, nous avons demandé à des élèves de la quatrième année du secondaire du Collège Sainte-Anne de Lachine de nous présenter à leur façon les découvertes primées.
La science d’ici vue par les jeunes d’ici!

La transition des vertébrés du milieu aquatique vers le milieu terrestre, qui a eu lieu il y a 375 millions d’années, est remplie de mystères: Où cela s’est-il produit? Par quelle espèce? Comment? Pourquoi? « Ce sont parmi les plus grandes questions qu’on se pose en biologie au sujet de l’évolution des vertébrés,» affirme Richard Cloutier, paléontologue des vertébrés et professeur en biologie évolutive à l’Université du Québec à Rimouski. Un poisson avec des phalanges dans ses nageoires peut paraître irréel, mais c’est bien ce qu’a découvert ce spécialiste et son équipe, sur un fossile vieux de 375 millions d’années.

En 2010, lors d’une visite guidée au Parc national de Miguasha en Gaspésie, un visiteur inconnu a trouvé un fragment de fossile sur la plage. Comme il ne pouvait pas repartir avec le fossile, il l’a laissé sur les escaliers du musée. Sans le savoir, ce visiteur avait trouvé une pièce d’un fossile préhistorique très recherché: un Elpistostege watsoni !

Le reste du fossile, soit une quinzaine de fragments, a été trouvé peu de temps après par des employés du parc. Une fois toutes les parties assemblées, le fossile de l’Elpistostege mesurait 1,56 mètre de long! Imposant pour un poisson. Richard Cloutier et son équipe ont rapidement été appelés pour analyser l’animal. Jusqu’à maintenant, ils ont investi 10 ans de recherche sur ce fossile. Seulement trois fragments de cette espèce avaient été retrouvés à Miguasha en plus de 170 ans de fouilles et aucun d’entre eux n’était en aussi bon état que le fossile retrouvé en 2010.

Après de longues analyses du fossile, une surprenante découverte a été faite dans les nageoires du spécimen à l’aide d’un CT-scan industriel (rayons X). Ces analyses précises ont permis de repérer des rangées de petits os appelés radiaux, dont certains sont considérés par le chercheur comme des phalanges, équivalentes à celles présentes dans nos doigts. Pour le chercheur, ça ne fait plus de doute: l’Elpistostege est le chaînon qui manquait entre les poissons et les vertébrés.

« La transition du milieu aquatique au milieu terrestre, c’est parmi les évènements évolutifs les plus importants dans l’histoire des vertébrés. L’évolution des vertébrés, c’est notre propre évolution et retracer l’origine des doigts ou des mains, ça nous permet de retracer l’origine de nos mains. » explique Richard Cloutier.

Prochaine étape: les chercheurs veulent maintenant analyser les tissus mous du poisson, notamment le cerveau et les organes. Selon Richard Cloutier, « la seule limite aux projets est notre propre imagination. »

Auteurs: Olivia Markiewicz, Michaëlle Gagnon-Tremblay, Alexanny Guévremont, Audrey Morin, Léa-Rose André, May Sun, Qianyi Zhang

 

Lisez la présentation de cette découverte par l’équipe de Québec Science.

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