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Comment pèse-t-on un dinosaure ?

21-09-2020

Crédit illustration: [email protected]

Le Puertasaurus était un grand sauropode (ces immenses herbivores à longs cous) qui pouvait atteindre une longueur de 30 mètres et une masse de 50 tonnes. Mais savais-tu qu’on a retrouvé seulement 4 vertèbres de ce dinosaure?

Comment, à partir de seulement 4 vertèbres, peut-on savoir de quoi avait l’air un dinosaure? Et comment, en plus, peut-on estimer leur masse? Que valent ces estimations?

D’abord, l’apparence globale. Une vertèbre toute seule peut fournir beaucoup d’indices, surtout si elle ressemble beaucoup aux vertèbres d’un autre animal qu’on connaît mieux. Les vertèbres des tyrannosaures étaient différentes de celles des hadrosaures ou des tricératops. Dans le cas du Puertasaurus, les vertèbres ressemblent très fortement à celles de plusieurs dinosaures formant le groupe des titanosauridés, des géants parmi les géants. On peut donc suspecter que son apparence générale est sûrement proche de celle de ses compères.

Ensuite, en prenant les mesures de ces vertèbres et en les comparant encore à des parents mieux conservés, on peut extrapoler la taille entière de la bête. La vertèbre dorsale du Puertasaurus fait 1,68 mètre de large, ce qui en fait la plus large vertèbre de sauropodes jamais découverte! C’est ce qui permet d’estimer sa longueur totale à une trentaine de mètres.

La masse maintenant! Car même si certains dinosaures sont connus par des squelettes archi-complets, on n’a jamais pu peser un animal vivant! Estimer la masse de ces géants est un défi qui nargue les paléontologues depuis plus d’un siècle.

Il existe deux méthodes pour trouver cette masse. La première consiste à mesurer la circonférence des os longs de l’animal (les os des pattes, essentiellement) et à les comparer avec ceux de gros animaux terrestres vivants, comme l’éléphant. En extrapolant, on arrive à deviner la masse totale. L’intérêt de cette méthode, c’est qu’un fémur suffit!

La deuxième méthode nécessite de créer un modèle 3D de l’animal en entier à partir de son squelette. On fait du mieux possible malgré qu’il n’existe plus d’équivalent vivant pour vérifier qu’on a bien évalué. On peut alors connaître le volume total de l’animal, puis convertir ce volume en masse.

Dans les deux cas, il s’agit d’approximations, de tentatives de deviner. Mais une récente étude scientifique vient de montrer que si les deux méthodes utilisent des chemins différents, elles arrivent en général à des résultats assez similaires dans la majorité des cas. Ce qui rassure sur la fiabilité des deux façons de faire… et sur les masses obtenues jusqu’à maintenant pour ces titans du passé.

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