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Sciences

Lascaux à Montréal

17-02-2014

Première mondiale! Dans quelques jours, l’exposition internationale Lascaux, débarquée à Montréal dans 10 énormes conteneurs, ouvrira ses portes au Centre des sciences. «Jamais une grotte ornée n’avait été copiée en vue de faire le tour du monde, et ce, jusqu’en 2020», explique Francis Ringenbach, directeur artistique et direc­teur de production de l’A­telier des fac-similés du Périgord (AFSP), en France, où a été exécutée cette réplique pendant les années 2000.

Clou de la visite, et patiemment montée durant deux semaines par l’équipe de l’AFSP, la reconstitution grandeur nature, sur plus de 120 m2, de la Nef de la grotte de Lascaux, une partie reculée encore jamais montrée au public. Avec le Puits, qui la prolonge, la Nef contient cinq panneaux parmi les plus importants de l’art pariétal paléolithique: les Bisons adossés, la Vache noire, le Bison de l’empreinte, les Cerfs nageant et l’Homme renversé.

Lors­qu’ils les ont exécutés, il y a 20 000 ans, les artistes de la période magdalénienne ont révélé toute l’étendue de leur ta­lent. «Ils maîtrisaient parfaitement le mélange des pigments – ocres naturels, oxydes de fer et de manganèse –, qui leur ont permis d’obtenir une palette polychrome d’une vingtaine de nuances différentes, unique dans l’art préhistorique, que nous avons reproduite fidèlement», détaille Francis Ringenbach devant deux bisons dont les membres puissants traduisent toute l’énergie.

En observant le panneau de plus près, on se rend compte, comme l’avait découvert le spécialiste de Lascaux Norbert Aujoulat, décédé en 2011, que les membres du premier plan sont plus nets que ceux de l’arrière, comme si les artistes avaient déjà découvert les règles de la perspective géométrique! «Ils ont aussi employé le procédé de réserve, c’est-à-dire un espace laissé délibérément vide pour figurer la séparation des deux masses animales», poursuit le plasticien, qui a passé de longs mois avec ses six collègues, dans le silence de l’atelier, à reproduire les volumes et les détails de cette scène animalière. Saisissantes de réalisme, transmettant parfaitement l’émotion ressentie devant les ori­ginaux, les copies présentées à Montréal constituent la plus récente renaissance d’un sanctuaire à nul autre pareil.

Photos: Philippe Psaïla

Lire la suite de notre dossier dans notre édition de mars 2014

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