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Santé

Santé Canada assouplit les conditions d’accès aux drogues psychédéliques

14-01-2022

Pixabay

Santé Canada vient de faire un pas de plus vers la légalisation de certaines drogues psychédéliques dans un contexte très précis de traitement d’urgence de certains patients.

Suscitant de plus en plus d’intérêt pour le traitement de certaines maladies mentales comme la dépression et l’anxiété, ces drogues font l’objet de plus d’une centaine d’essais cliniques dans le monde. Même si elles ont montré des résultats prometteurs dans plusieurs indications, elles restent illégales.

Le Canada est toutefois ouvert à offrir à certains patients et médecins la possibilité de les utiliser dans un cadre strict. « Santé Canada est conscient de l’intérêt croissant que suscitent les usages thérapeutiques possibles des substances psychédéliques, dont la psilocybine et la MDMA, pour traiter divers problèmes, comme l’anxiété, la dépression, le trouble obsessionnel compulsif et la consommation problématique de substances psychoactives », souligne le ministère.

Le 5 janvier 2022, « des modifications apportées au Règlement sur les aliments et drogues ont été publiées dans la partie II de la Gazette du Canada afin de permettre aux médecins de demander un accès à des drogues d’usage restreint (psilocybine, LSD, DMT et MDMA) par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial (PAS) de Santé Canada pour le traitement d’urgence de leurs patients », précise à Québec Science Charlaine Sleiman, conseillère en relations avec les médias pour Santé Canada.

Autrement dit, lorsque les traitements classiques ont échoué (ne conviennent pas ou ne sont pas offerts), des professionnels de la santé, autorisés par la province ou le territoire à traiter des patients au moyen d’un médicament d’ordonnance, peuvent faire une demande au PAS en leur nom. Les patients ne peuvent pas demander directement un accès à ces drogues.

Depuis 2020, Santé Canada accordait déjà des exemptions pour l’utilisation de psilocybine (l’ingrédient actif des champignons magiques) pour le traitement de l’anxiété liée à la fin de vie. Selon nos informations, une cinquantaine d’exemptions environ ont été accordées dans ce cadre.

Illustration: Sébastien Thibault

Pour en savoir plus sur l’utilisation des psychédéliques en santé mentale, lisez notre reportage Santé mentale : le grand retour des psychédéliques.

Que sont les psychédéliques ?

Les substances psychédéliques ont été utilisées par plusieurs cultures au fil des âges, souvent dans le cadre de transes et de rituels divers, même si peu d’études documentent l’ampleur de cet usage. Outre les quelque 200 espèces de champignons hallucinogènes, les plus connues sont l’ayahuasca, préparé à partir d’une liane, en Amazonie, et la mescaline (extraite du peyotl, un cactus) au Mexique. On appelle psychédéliques «classiques» :

  • la psilocybine,
  • le LSD ou acide lysergique diéthylamide,
  • la DMT ou diméthyltryptamine (ayahuasca),
  • la mescaline.

Ils agissent tous sur les récepteurs 5HT2A dans le cerveau. Par extension, malgré leur mode d’action différent, on inclut dans les recherches sur le sujet la kétamine et la MDMA (ou 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), qui ont des effets comparables.

Toutes ces substances peuvent causer des changements de perceptions sensorielles et spatiotemporelles (hallucinations, état onirique, etc.), une modification de la conscience de soi, de la conscience de son corps (dépersonnalisation) ainsi qu’une altération du mode de pensée (pensées magiques, spirituelles, intuitions, délires).

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