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Santé

Un nouveau variant du SARS-CoV-2 sous surveillance au Royaume-Uni

17-12-2020

Un nouveau variant du coronavirus s’est répandu rapidement dans le sud et l’est de l’Angleterre. Rien n’indique pour l’instant qu’il est plus dangereux ou plus contagieux.

En date du 13 décembre, plus de 1100 cas causés par ce variant nommé VUI – 202012/01 (pour « variant under investigation ») avaient été comptabilisés au Royaume-Uni, dans une région où les cas de COVID-19 augmentent rapidement. Il a détecté par le consortium Covid-19 Genomics UK (COG-UK) qui effectue des séquençages aléatoires chez les patients. Il n’est pour l’instant pas démontré que la hausse des cas est due à l’émergence de cette nouvelle souche.

Ce variant présente 17 mutations dont plusieurs touchent la protéine S, cette protéine qui se fixe aux récepteurs ACE2, la porte d’entrée sur nos cellules. On suppose donc qu’elle pourrait avoir une influence sur la faculté du virus à pénétrer dans les cellules humaines. (Mise à jour 29 décembre: il est estimé que la transmissibilité de ce variant est supérieure – jusqu’à 70% de plus – à celle des autres souches circulantes. Il aurait le potentiel d’augmenter le taux de reproduction du virus (son R) de 0,4 selon ce rapport. En cause, une mutation en particulier, la N501Y, qui augmenterait l’affinité de la protéine S pour le récepteur ACE2. Notons qu’un premier cas infecté par ce variant a été rapporté au Québec).

Les autorités sanitaires britanniques travaillent avec des chercheurs à comprendre les possibles conséquences de ces mutations génétiques sur la transmission, la sévérité de la maladie et l’efficacité du vaccin.

«Nous enquêtons en ce moment sur une nouvelle souche du SARS-CoV-2, prédominante à Kent et dans les environs. Il n’est pas inhabituel qu’un virus mute et évolue et c’est important que nous repérions ces changements rapidement, pour comprendre les risques éventuels qu’un nouveau variant pourrait poser. Il n’y a pour l’instant aucune preuve que cette souche cause une maladie plus grave», a précisé dans un communiqué la Dre Susan Hopkins, conseillère médicale à Public Health England.

Une évolution normale

Des milliers de mutations ont déjà été répertoriées dans les protéines formant l’enveloppe du virus. Plus de 4000 ont été recensées dans la protéine S. C’est tout à fait normal : les virus mutent constamment, à la faveur de petites erreurs qui s’accumulent lorsqu’ils « copient » leur matériel génétique dans les cellules de leurs hôtes. Le SARS-CoV-2 est plutôt lent à muter, en comparaison à d’autres virus comme le VIH ou les virus grippaux. Il n’empêche que des mutations émergent constamment et que de nouvelles combinaisons de plusieurs mutations sont donc observées.

« Le virus évolue en permanence, car chaque nouveau virion est différent des précédents. Sauf que la majorité de ces mutations sont a priori neutres, ou délétères pour le virus. Est-ce qu’il peut y avoir des mutations « adaptatives », qui lui permettraient de mieux s’adapter au corps humain et d’être encore plus efficace ? C’est très probable », expliquait le spécialiste en écologie évolutive Samuel Alizon à Québec Science.

Mais montrer l’effet biologique de ces diverses mutations est un travail de longue haleine, qui doit passer par des expérimentations sur des cellules et des études épidémiologiques complexes.

Des tests sont en cours (notamment chez Moderna et Pfizer) pour déterminer si les anticorps naturellement acquis par les personnes ayant guéri de la COVID-19 ou générés par la vaccination seront tout de même efficaces pour neutraliser ce variant.

 

 

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