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Santé

Leucémie: la thérapie CAR-T remboursée au Québec

09-10-2019

Un lymphocyte T humain, cette « arme » utilisée dans la thérapie CAR-R. Photo: NIAID

Le gouvernement du Québec remboursera désormais la thérapie cellulaire CAR-T pour les enfants et les adultes atteints de certains cancers.

Cette thérapie très coûteuse consiste à prélever certains globules blancs du patient, à les modifier génétiquement pour qu’ils soient plus agressifs envers les cellules cancéreuses, puis à les réinjecter au malade. Deux établissements montréalais ont été autorisés à offrir la thérapie, soit le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine en pédiatrie, et l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour les adultes.

Qui est concerné?

Ce traitement s’adresse à certains enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) et à certains adultes atteints du lymphome diffus à grandes cellules B qui n’ont pas répondu aux traitements standards.

Les experts estiment qu’une cinquantaine de patients, en rechute après des traitements classiques, pourraient en avoir besoin chaque année au Québec.

De quoi s’agit-il?

Pour mieux comprendre ce traitement d’immunothérapie, relisez l’article Cancer: la vague d’espoir de l’immunothérapie. 

En voici un extrait sur la thérapie CAR-T.

« Le concept est astucieux: il s’agit de modifier génétiquement les lymphocytes T du patient pour en faire des machines à tuer les cellules tumorales. Les lymphocytes T ont besoin de reconnaître une cible, affichée comme un petit drapeau à la surface des cellules, pour s’activer et engager le combat.

Normalement, chaque lymphocyte a sa spécialité, certains reconnaissant des molécules de virus grippaux, d’autres du rhume, grâce à des récepteurs hautement spécifiques sur leur membrane. Dans les leucémies et les lymphomes cités précédemment, les cellules cancéreuses sont des lymphocytes rebelles (de type B, cette fois) qui circulent dans le sang. Elles affichent une protéine particulière à leur surface, la CD19. D’où l’idée derrière les CAR-T: détourner tous les lymphocytes T, indépendamment de leur affinité initiale, pour qu’ils repèrent les cibles CD19 et les attaquent massivement.

«C’est vraiment révolutionnaire», déclare d’emblée Isabelle Fleury, hémato-oncologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Elle a participé à l’essai clinique international qui a établi l’efficacité de cette technologie dans le cas du lymphome à cellules B. «Pour les patients, souvent dans la fleur de l’âge, qui sont en échec thérapeutique après des chimiothérapies, la survie médiane était de six mois. Quand on les traite avec des CAR-T, le taux de rémission complète atteint 40 ou 50 %!» se réjouit-elle, précisant que ces cellules «dopées» ont été approuvées par Santé Canada à l’automne 2018 pour le produit Kymriah (Novartis) et en février 2019 pour Yescarta (Gilead).

L’opération est toutefois loin d’être simple. On prélève d’abord les lymphocytes T du malade, on les congèle et on les envoie au laboratoire, en l’occurrence celui de Novartis ou de Gilead, aux États-Unis. Là, on y introduit, à l’aide d’un virus bénin, un gène qui les dote d’une sorte de tête chercheuse capable de déceler les «drapeaux» CD19. On en profite pour les stimuler (en y insérant des gènes d’activation), on les multiplie et on les réinjecte au patient. Cette armée mutante (l’acronyme anglais CAR signifiant «récepteur antigénique chimérique») déferle comme un seul soldat sur les cellules cancéreuses. Le taux de rémission chez les enfants leucémiques inclus dans le premier essai clinique: 82 %!

Pour l’instant, dans le monde, seule une poignée de patients ont pu bénéficier de ce type de traitement. »

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