Photo: Annie Labrecque
De petites dunes, des pierres de toutes les tailles, des vallons, un cratère… C’est sur cette étendue de sable et de cailloux, située au siège de l’Agence spatiale canadienne (ASC), à Saint-Hubert, qu’une équipe d’ingénieurs s’affaire à tester les rovers qui pourraient un jour explorer la planète Mars ou la Lune.
«Nous avons une grande variété de terrains ressemblant à ce qu’on retrouve sur Mars, notamment. Les rovers font face à des épreuves de mobilité et d’ingénierie : traverser un terrain où ont été disposés des bacs de cailloux de différentes tailles, gravir des pentes escarpées, monter des escaliers formés avec des pierres, éviter les crevasses et les cratères, etc. », explique Erick Dupuis, directeur du développement de l’exploration spatiale.
C’est ainsi que, depuis 2002, une dizaine de prototypes de l’ASC sillonnent ce parc, l’un des plus grands du monde avec une superficie de 7 200 m2, rivalisant avec ceux de Californie ou de Toulouse. Un espace clos de 130 m2 jouxte le parc, les ingénieurs y poursuivent leurs essais l’hiver venu.
L’endroit sert à tester la capacité des véhicules à franchir les obstacles et à prendre des échantillons de sol. À force d’essais et d’erreurs, les ingénieurs améliorent les prototypes pour en faire des engins capables de compléter une mission spatiale. Bien qu’il soit long, ce développement par étapes permet d’éviter des ratés lourds de conséquences. Par exemple, un rover ayant un bris mécanique peut retarder un lancement.
Mars en 2020 ?
L’une des prochaines missions de la NASA, nommée Mars 2020, compte explorer la planète rouge pour y recueillir des échantillons du sol. Ceux-ci seront encapsulés dans des tubes ayant une durée de vie de 10 ans. Ils seront acheminés vers la terre lors d’une mission subséquente. «Difficile de savoir quand nous pourrons envoyer un rover dans l’espace, mais nous aimerions bien jouer un rôle lors de la mission de retour des échantillons », espère Erick Dupuis.
En attendant, les rovers devront rouler dans des environnements encore plus réalistes. L’équipe scientifique s’est déjà entraînée deux fois dans le désert de l’utah qui partage des similitudes avec certaines surfaces de mars. Des virées en Idaho et à Granby sont aussi au programme, car on y a identifié des sites ressemblant au sol lunaire.
D’ici là, les ingénieurs continuent de mettre à rude épreuve les rovers. Certains prototypes sont déjà à la retraite. C’est le cas du tout premier rover, en fonction de 2002 jusqu’en 2011. « Il a été extrêmement maltraité, ce petit robot-là. Après avoir été ressuscité au moins quatre fois, il mérite sa retraite», assure M. Dupuis, sourire en coin.
Pour voir les rovers en vidéo : https://www.facebook.com/QuebecScience/videos/10154791339561594/