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Projet DOMe: À la chasse aux météorites!

26-09-2022

Une caméra du projet DOMe est installée à l’Observatoire du Mont-Mégantic. Image: André Grandchamps/Espace pour la vie

Où tombent les météorites au Québec? En surveillant leur trajectoire grâce à des caméras, des scientifiques espèrent se rendre sur le terrain pour récupérer des fragments et les étudier.

« Trouver une météorite au Québec, ça serait extraordinaire! » rêve André Grandchamps, astrophysicien au Planétarium de Montréal. La dernière fois qu’un tel événement a eu lieu au Québec remonte à 1994. Cette météorite de 2,3 kg était tombée dans le champ d’un agriculteur dans la municipalité de Saint-Robert.

Pourtant, les chutes de météorites ne sont pas rares. On évalue qu’environ 500 météorites frapperaient la Terre chaque année. Cependant, l’écrasante majorité de celles-ci ne sont jamais retrouvées : elles tombent dans les océans, se désintégrent en entrant dans l’atmosphère ou passent tout simplement inaperçues. « En théorie, on devrait en trouver sur le territoire, qui est très vaste. Le Québec en recevrait peut-être une ou deux par année, mais cela reste à vérifier », estime André Grandchamps.

C’est d’ailleurs l’un des objectifs poursuivis par le projet DOMe (Détection et Observation de Météores) du Planétarium : les dénombrer, mais aussi réussir à localiser ces cailloux tombés du ciel.

Le projet DOMe a été mis sur pied en 2019, un peu avant la pandémie. Il s’agit d’un réseau de caméras, qui sont installées à différents endroits du Québec, et qui devrait contribuer à augmenter les chances d’en apercevoir. Ces caméras à objectif grand angle (de type fish-eye) guettent jour et nuit le passage d’une météorite dans le ciel. Si plus de deux caméras détectent le même phénomène, un programme informatique calcule « d’où vient l’objet, à quelle vitesse il est entré dans l’atmosphère, combien de temps il a été observé et finalement, sa vitesse de décélération », explique l’astrophysicien du Planétarium.

Si la météorite ne s’est pas complètement désintégrée, l’équipe peut ensuite déterminer une zone potentielle de chute d’environ 5 km2. Les chercheurs ne peuvent pas restreindre encore plus cette zone, car les caméras perdent la trace de la météorite en fin de trajectoire. « La météorite n’émet plus de lumière lorsqu’elle est à une vingtaine de kilomètres d’altitude. On appelle ça le vol sombre », indique l’astrophysicien.

Comme le convient André Grandchamps, repérer ces précieux fragments dans une zone de 5 km2 représente un défi immense. C’est pourquoi des bénévoles pourront s’ajouter à l’équipe scientifique pour la recherche sur le terrain.

Pour l’instant, le projet DOMe n’a localisé aucune météorite. La caméra située au Planétarium de Montréal a, de son côté, fait beaucoup de fausses détections en localisant des avions. « On est à côté de la Tour olympique, un point de repère pour plusieurs avions pendant la nuit. »

André Grandchamps reste optimiste que DOMe détecte une météorite un jour. Il raconte qu’en Europe, le réseau de surveillance FRIPON (Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network), auquel le projet DOMe est associé, a découvert deux météorites : une en janvier 2020 en Italie et l’autre en février 2021 en Angleterre. Peut-être que 2022 sera l’année chanceuse pour DOMe?

Le Planétarium possède une collection de météorites dont ces deux météorites. La première (en haut) est la météorite Springwater, dont les premiers fragments ont été découverts en 1931 en Saskatchewan. Il s’agit d’une météorite de type pallasite. La deuxième photo (en bas) est la météorite de Saint-Robert, de type chondrite, qui est tombée au Québec le 14 juin 1994. Plusieurs témoins ont entendu un boom lorsque la météorite est passée au-dessus de la région de Montréal. Images: André Grandchamps/Espace pour la vie.

Qu’apprend-on de ces météorites?

La grande majorité des météorites qui tombent sur Terre proviennent « de la ceinture principale d’astéroïdes qui est située entre les planètes Mars et Jupiter », signale M. Grandchamps. « Les météorites nous permettent de comprendre comment les planètes, comme la Terre, se sont formées », ajoute-t-il. Elles peuvent aussi livrer des informations importantes sur l’apparition de l’eau et de la vie sur Terre.

Où sont les caméras du projet DOMe?

Pour optimiser le réseau, ces caméras, de la taille d’une GoPro, couvrent différentes régions du sud du Québec. Elles sont distantes d’environ 100 km l’une de l’autre. Par exemple, des caméras ont été installées à Val-David, Valcourt, Mont-Mégantic, Saint-Georges de Beauce, Québec, Montebello, Montréal. « On vise le sud du Québec, parce que ce sont principalement des terres agricoles. Au Nord, en Abitibi ou au Lac-Saint-Jean, le problème est qu’il est plus difficile d’effectuer des recherches quand il y a beaucoup d’arbres », souligne André Grandchamps.

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