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Près de deux ans après le début de la pandémie, nous ne disposons pas encore de médicament satisfaisant pour soigner les personnes atteintes de COVID-19.
L’entreprise pharmaceutique Merck a toutefois annoncé la semaine dernière des résultats encourageants pour son antiviral molnupiravir, qui réduirait de 50% le risque d’hospitalisation et de décès chez les personnes traitées dès le début de l’infection.
« Réduirait », parce qu’aucune donnée n’a encore été publiée. En fait, l’annonce a été faite par communiqué de presse avec très peu de détails. De plus, il s’agit de résultats provisoires sur 775 patients, en attendant les analyses sur les 1550 personnes devant être incluses dans l’essai. Atteints d’une forme modérée de la maladie lors du début du traitement, les participants avaient tous au moins un facteur de risque (obésité, âge supérieur à 60 ans, diabète, etc).
Notons que des essais menés en Inde avec la même molécule ont été interrompus, faute d’amélioration clinique notable. Il est donc difficile de se prononcer tant que Merck n’a pas rendu ses données publiques ni ne les a soumises à un processus de révision par des experts indépendants.
Ce qu’indique le communiqué
Dans le groupe placebo, 14,1% des patients (soit 53/377) ont été hospitalisés ou sont morts au cours des 29 jours suivant le diagnostic. Dans le groupe traité par molnupiravir, ils n’étaient que 7,3% à être hospitalisés (soit 28/385). Aucun décès n’a été déploré.
Ainsi, la prise de comprimés de molnupiravir, deux fois par jour pendant 5 jours, aurait permis de réduire de moitié le risque de décès et d’hospitalisation. L’avantage d’une prise par voie orale est qu’elle peut se faire facilement à la maison, ce qui soulagerait les services hospitaliers.
En attendant la confirmation du taux d’efficacité, plusieurs experts réclament également davantage d’informations sur les effets secondaires. En effet, le molnupiravir fonctionne en augmentant les mutations de l’ARN viral, gênant ainsi la réplication du virus. Or, des études menées in vitro ont suggéré que le médicament pouvait aussi provoquer des mutations au sein de l’ADN des cellules hôtes. Le traitement pourrait notamment causer des anomalies fœtales en cas de grossesse, et une contraception était exigée chez les participants de l’essai.
Il est important de noter que le coût du traitement avoisine les 700 $ américains. Merck a toutefois passé des accords avec des fabricants de médicaments génériques pour rendre ce traitement disponible plus rapidement dans plus de 100 pays à revenus faibles et intermédiaires.
D’autres essais attendus
D’autres traitements en cours d’essai clinique pourraient changer la donne, notamment un comprimé par voie orale d’Atea Pharmaceuticals et Roche, et un autre développé par Pfizer.