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Santé

Deux coiffeuses ayant la COVID-19 n’ont infecté personne grâce au masque

17-07-2020

Dans les salons de coiffure, le port du masque devrait être encouragé. Photo: Ewien van Bergeijk-Kwant – Unsplash.

Au Missouri, deux employés d’un salon de coiffure présentant des symptômes de la COVID-19 ont continué à travailler et ont exposé près de 140 clients dans leur salon. Ces derniers portaient tous un masque; les coiffeuses* aussi. Bilan? Aucune contamination secondaire.

C’est une anecdote, mais elle illustre l’importance du port d’un couvre-visage dans les situations à risque, à savoir les lieux clos où la distanciation physique est impossible. Rapportée par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’histoire est détaillée dans une étude publiée le 17 juillet.

Les coiffeuses, qui ont présenté des symptômes respiratoires de la COVID-19 à quelques jours d’intervalle au mois de mai, ont continué à se rendre sur leur lieu de travail, plutôt que de s’isoler immédiatement.

Toutes deux ont finalement passé un test qui s’est avéré positif. Mais jusqu’au 8e jour suivant le début des symptômes pour l’une, et au 10e jour pour l’autre, moments auxquels elles ont reçu les résultats de leurs tests, les coiffeuses ont passé chacune de 15 à 45 minutes avec 139 clients.

Le département de santé publique local a retracé les 139 clients et en a interrogé 104. Du lot, 102 ont déclaré avoir porté un couvre-visage pendant tout leur rendez-vous, et les deux autres ont affirmé l’avoir porté une partie du temps. Il s’agissait de différents types de masque : 47% portaient un masque en tissu, 46% un masque chirurgical, environ 5% un N95.

Enfin, 101 clients ont attesté que leur coiffeuse avait porté un masque (en coton ou chirurgical) pendant toute la durée du rendez-vous.

Les clients et les autres employées du salon se sont vu proposer un test de dépistage au bout de 5 jours et ils ont été contactés quotidiennement pendant 14 jours. Sur les  67 personnes ayant passé le test, aucune n’a eu de résultat positif. Deux semaines après leur exposition, aucun des individus suivis n’avait développé de symptômes de la COVID-19.

Cet événement ne constitue pas une preuve irréfutable de l’efficacité des masques, loin de là. De plus, des clients asymptomatiques pourraient être passés sous le radar, et d’autres, ayant fréquenté le salon de coiffure avant que les employées ne développent de symptômes, auraient pu être contaminés sans que le département de santé publique ne le sache.

En effet, l’excrétion de virus semble maximale 2 à 3 jours avant le début des symptômes, précisent les auteurs.

Cela étant, compte tenu de la contagiosité du virus et de la proximité des personnes malades et de leurs clients, les autorités locales s’attendaient à une éclosion de cas. L’observation est donc encourageante.

Par ailleurs, les données des épidémies précédentes sont en faveur de l’utilisation généralisée de masques, tout comme les études observationnelles menées sur le SARS-CoV-2.  «Une analyse menée dans 194 pays a trouvé une association négative entre la mise en place d’une politique imposant les masques et la mortalité par habitant liée au coronavirus ; dans les pays qui ne recommandaient pas les masques faciaux, la mortalité par habitant liée aux coronavirus augmentait chaque semaine de 54,3% après le cas index, contre 8% dans les pays ayant des politiques imposant ou recommandant le masque», note l’étude.

Cette analyse, pas encore publiée, a été conduite par des chercheurs de la Virginia Commonwealth University. Dans un communiqué, l’auteur principal, Christopher Leffler, explique que «dans les pays qui ont recommandé très tôt les masques au niveau national, ou dans les pays où le port d’un masque fait partie des normes culturelles, le taux de mortalité associé à la COVID-19 a été plus bas que les prévisions. Et pas de quelques pourcents, mais jusqu’à 100 fois plus bas.» Il faudra toutefois confirmer ces résultats qui, là encore, ne sont pas issus d’essais cliniques contrôlés et qui peuvent être influencés par de nombreuses variables.

Cependant, « l’utilisation adéquate d’un couvre-visage, quand cela est approprié, est un outil important pour minimiser la propagation du virus SARS-CoV-2 provenant de personnes présymptomatiques, asymptomatiques et symptomatiques », concluent les CDC.

 

*Correction : Le sexe des deux stylistes n’est pas révélé dans l’étude.

 

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