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Santé

Pourquoi tant de tests négatifs?

Image: Ewa Urban/ Pixabay

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

Q : «Pourquoi y a-t-il tant de tests négatifs ? Est-ce le signe qu’on teste trop ? Est-ce parce qu’il y a panique et que des gens se font tester sans symptômes seulement parce qu’ils reviennent de voyage ?», demande Josée Langlois, de Stoneham.

R : La vaste majorité des tests effectués pour dépister la COVID-19 sont effectivement négatifs, c’est-à-dire qu’ils indiquent l’absence du virus recherché. Au Québec, par exemple, en date du 27 mars, sur près de 34 500 tests réalisés, seulement 2021 avaient trouvé la présence du coronavirus, soit 5,8 % — et à l’échelle canadienne, c’est seulement environ 2,5 %  des patients testés qui s’avèrent avoir la COVID-19. Les taux de positifs varient d’un pays à l’autre selon la progression de la maladie et l’intensité des efforts de détection — en date du 20 mars, l’Italie avait près de 20 % de positifs et les États-Unis, autour de 15 % —, mais partout les tests sont très majoritairement négatifs.

On ne doit cependant pas en déduire que l’on teste «trop», explique Dre Judith Fafard, médecin-conseil et microbiologiste-infectiologue au Laboratoire de santé publique du Québec. De manière générale, on ne fait pas passer le dépistage à n’importe qui : ce sont surtout des personnes montrant déjà des symptômes «suspects» qui y ont droit (avec certaines clientèles plus à risque qui ont priorité sur d’autres, mais il s’agit là d’une autre question).

Or justement, «les symptômes de la COVID-19 ne sont pas spécifiques du tout», signale Dre Fafard. On parle ici principalement de fièvre et de toux, soit des symptômes qui peuvent être causés par beaucoup d’autres microbes. Il peut s’agir de l’influenza, ou d’un coronavirus autre que celui de la COVID-19 (il en existe quatre autres types différents qui sont présents chez l’humain depuis longtemps qui causent le rhume), ou du virus respiratoire syncytial, ou d’autres pathogènes encore. Et comme ces virus-là sont très communs — littéralement des millions de personnes les contractent chaque année au Québec seulement —, particulièrement pendant la saison froide, il s’ensuit qu’en testant (grosso modo) ceux qui toussent et font de la fièvre, on ramasse forcément beaucoup d’autres choses que la COVID-19. D’où la forte proportion de tests négatifs.

Un autre facteur à considérer est l’état d’avancement de la pandémie : on ne peut tout simplement pas détecter beaucoup de cas s’il n’y en a pas encore beaucoup dans une population donnée. À cet égard, mentionnons que Dre Fafard s’attend à voir la proportion de positifs augmenter au Québec au cours des prochains jours ou semaines, à mesure que la maladie se propagera.

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec.

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