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Santé

La perte d’odorat, un signe précurseur d’infection à la COVID-19

24-03-2020

Image: Shutterstock

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

Des médecins signalent plusieurs cas montrant que la perte d’odorat et de goût fait souvent partie des premiers symptômes chez les personnes infectées par le SRAS-CoV-2.

Différents virus peuvent s’attaquer aux voies respiratoires supérieures. Une des conséquence: la perte d’odorat, connue sous le nom médical d’anosmie. En ce moment, il n’y a pas d’étude clinique sur le sujet, mais les observations sont suffisamment récurrentes pour que des sociétés savantes comme la British Rhinological Society et l’American Academy of Otolaryngology publient des communiqués présentant ces symptômes comme des possibles indicateurs pour la COVID-19. Des cas d’anosmie ont été signalés en Corée du Sud, en Italie, en Allemagne et en Iran.

Claire Hopkins, l’une des médecins qui signent le communiqué de presse britannique et également présidente de la British Rhinological Society, indique en entrevue téléphonique avoir noté une augmentation du nombre de patients ayant déclaré une perte de l’odorat, qui sont autrement en bonne santé bien qu’atteints de la COVID-19.

«Malgré nos capacités de dépistage limitées, nous nous efforçons de tester ces patients qui présentent une anosmie. Je viens de parler à un collègue ce matin qui est l’une des premières personnes à avoir été testées en ayant seulement ce symptôme. Il a perdu l’odorat il y a trois jours et vient d’être déclaré positif à la maladie. C’est très important, car cela signifie qu’il a pu être en arrêt de travail afin de ne pas mettre ses patients en danger», raconte la médecin.

Si, dans une certaine proportion, des malades de la COVID-19 ne présentent que la perte d’odorat comme seul symptôme, «d’autres présentent un large éventail de symptômes comme la toux et la fièvre, rapporte Claire Jopkins. Ceux-ci ont souvent indiqué avoir perdu l’odorat avant l’apparition de ces autres symptômes. Cela pourrait servir de signal d’alerte précoce quant à la maladie.»

Mieux protéger les travailleurs de la santé

Si la médecin avait un conseil à donner aux professionnels de la santé québécois, ce serait de prendre les mesures de protection nécessaires lorsqu’un patient se présente avec une anosmie. «Il est nécessaire pour tous les travailleurs de la santé, et surtout pour toute personne qui examinera le nez, la gorge ou les voies respiratoires d’un patient, d’avoir accès à un équipement de protection.» Au Royaume-Uni, la situation est problématique, car on signale d’importants retards dans la livraison de ces équipements aux hôpitaux. «Il est absolument essentiel que les gouvernements nous protègent afin que nous puissions à notre tour protéger le public», déclare-t-elle.

Perte de l’odorat… et du goût?

Ce phénomène d’anosmie est connu avec d’autres virus causant des infections des voies respiratoires. «Ceux-ci peuvent endommager les fibres du nerf olfactif pour ensuite causer la perte d’odorat», explique Claire Hopkins. Dans une faible proportion, certaines personnes rétablies ne retrouvent pas le sens de l’odorat. Dans le cas de la COVID-19, cependant, il est encore trop tôt pour le savoir.

Johannes Frasnelli, chercheur à l’Université du Québec à Trois-Rivières qui a effectué plusieurs recherches en lien avec l’odorat, mentionne que la perte de l’odorat n’est pas spécifique à la COVID-19. «On peut perdre ce sens avec d’autres infections virales comme lors d’un épisode de grippe ou de rhume», dit-il.

Et qu’en est-il de la perte du goût? «Ce n’est pas vraiment une perte du goût. Ce que les gens décrivent est en fait une perte de l’odorat qui réduit notre capacité à détecter la saveur des aliments», précise Claire Hopkins.

Recherches futures

Lorsque cela sera possible, le chercheur Johannes Frasnelli espère bien étudier davantage la perte de l’odorat en lien avec la COVID-19. «Un groupe de chercheurs cliniciens internationaux, dont je fais partie, est en train de monter des questionnaires pour de futures recherches. Car pour l’instant, on ne peut évidemment pas tester l’odorat chez les personnes infectées».

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec.

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