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Santé

Que sait-on sur la contagiosité et la dangerosité du coronavirus?

06-02-2020

Représentation du MERS, coronavirus cousin du 2019-nCoV. Source: Scinceside

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

À mesure que les infections par le coronavirus se multiplient, les chercheurs commencent à dresser un portrait un peu plus clair de ce nouveau pathogène. Selon Nature, on compte déjà plus d’une cinquantaine d’articles de recherche publiés sur ce sujet.

Sa contagiosité

Combien de personnes un seul malade peut-il infecter? La contagiosité d’un pathogène se traduit par un paramètre appelé R0, ou «taux de reproduction de base». Si le R0 est égal à 2, un malade infecte en moyenne deux personnes. (Pour la rougeole, très contagieuse, le R0 est supérieur à 12, par exemple).

Pour ce virus, les estimations (une douzaine au total) du R0 varient. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il se situe entre 1,4 et 2,5. Et on se sait pas encore avec certitude si une personne atteinte est contagieuse avant l’apparition des symptômes.

Dans un article du Lancet visant à modéliser l’expansion de l’épidémie, des chercheurs de l’université de Honk Kong estiment que le R0 est de 2,68 et que le nombre de cas double tous les 6,4 jours. Neil Fergusonde l’Imperial College de Londres, parle d’un doublement du nombre de cas tous les 5 jours, dans une entrevue publiée par son organisme de recherche.

Dans une autre étude, des chercheurs américains et britanniques évoquent un taux de reproduction de base (donc de contagion) compris entre 3,6 et 4 et supposent que seuls 5% des cas sont identifiés à Wuhan. Selon leur modèle prédictif, il y aurait environ 200 000 cas actuellement dans l’épicentre chinois et les mesures de quarantaine ont peu de chances de contenir le virus.

Sa dangerosité

Pour l’instant, on estime le taux de mortalité à environ 2% (la plupart des décès sont survenus chez des personnes de plus de 60 ans ou affaiblies). Ceci dit, il n’est pas évident de calculer un taux de mortalité fiable, puisqu’il y a probablement beaucoup plus de personnes ayant contracté le virus que ce qui a été déclaré.

Dans de nombreux cas, ce virus semble causer des symptômes très légers, comparables à ceux d’un rhume. « On ne repère probablement que 10% ou moins des infections, soit le haut de la pyramide qui correspond aux cas les plus sévères », confirme le professeur Neil Ferguson.

D’un autre côté, la grande majorité des personnes malades sont encore malades actuellement – et il pourrait y avoir donc plus de morts que prévu dans cette « cohorte » non guérie.

Chose certaine, le coronavirus a déjà montré sa capacité à se transmettre rapidement, bien plus vite que le SRAS avant lui. Des contacts très brefs avec des personnes infectées pourraient même suffire à attraper le virus, selon des médias chinois qui ont retracé, grâce à des vidéos de surveillance, les moments où certains malades ont croisé celui ou celle qui leur a transmis la maladie. Dans Vice, on rapporte un cas qui a contracté le virus après seulement 50 secondes passées à côté d’un malade. L’OMS n’a toutefois pas confirmé ces observations.

Pourquoi on s’en inquiète ?

On lit un peu partout que la grippe fait davantage de morts que ce virus chaque année, ce qui est pour l’instant vrai. Cela étant, le taux de mortalité de la grippe saisonnière est d’environ 0,1%, soit 20 fois inférieur à celui pour l’instant admis pour le coronavirus.

Autre différence: on n’a pas de vaccin préventif contre le coronavirus, contrairement à la grippe saisonnière, même si des chercheurs y travaillent.

Enfin, il s’agit d’un nouveau virus, et on ignore encore beaucoup de choses sur son « comportement » infectieux. Il pourrait également muter au cours de l’épidémie et voir sa virulence ou sa contagiosité augmenter – ou diminuer. Ces inconnues expliquent que les experts – et les médias- soient vigilants.

 

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