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Santé

Des ailes de libellule à l’hôpital

28-08-2019

Image: Shutterstock.com

Et si on s’inspirait des ailes d’insectes pour lutter contre les infections nosocomiales?

Dans la lutte contre les infections contractées dans un établissement de santé, il est un ennemi que les médecins redoutent particulièrement : les biofilms, ces colonies de bactéries qui se fixent solidement à la surface de certains dispositifs médicaux comme les cathéters, les sondes urinaires, les implants ou les prothèses. Ainsi, un quart de toutes les infections nosocomiales seraient associées à l’utilisation de matériel infecté, d’après des données américaines.

Les pics à la surface des ailes. Image: Ivanova et AL.

Pour concevoir des matériaux plus sécuritaires, une équipe montréalaise se tourne vers… les libellules et les cigales ! Et plus précisément vers leurs ailes, qui sont naturellement antibactériennes. « Elles sont couvertes de minuscules picots, sorte de nanoclous qui tuent les bactéries par contact physique », a expliqué Dao Nguyen, chercheuse à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, au cours d’un symposium de l’Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill en juin dernier. Plusieurs équipes s’intéressent à cette approche « mécanique », alors que les biofilms, enchâssés dans une gangue collante et protectrice, ont une capacité extrême à résister au système immunitaire. Ces communautés de microorganismes sont aussi de 500 à 5 000 fois plus résistantes aux traitements antibiotiques que les bactéries de même nature isolées.

En 2018, des chercheurs de Singapour ont montré qu’un revêtement constitué de picots nanométriques de zinc, imitant ceux des libellules, pouvait éliminer jusqu’à 99,9 % des germes présents sur différentes surfaces.

De son côté, Dao Nguyen compte mettre en place une plateforme pour produire toute une gamme de structures copiant les ailes d’insectes. « L’idée est d’utiliser divers matériaux, de faire varier la taille des nanopiliers, leur forme, leur espacement et de tester plusieurs techniques de production », précise-t-elle.

Son équipe observera par microscopie les interactions entre les bactéries et les surfaces, puis mettra à l’épreuve les plus prometteuses contre la bactérie Pseudomonas aeruginosa, responsable d’infections contractées à l’hôpital et d’infections mortelles chez les personnes atteintes de fibrose kystique. Si les résultats sont concluants, les matériaux pourront un jour être utilisés à grande échelle pour fabriquer des instruments et des appareils médicaux plus sûrs.

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