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Des chercheurs de l’université Wisconsin-Madison, aux États-Unis, ont découvert que la galantamine, un médicament pour traiter l’Alzheimer, augmente significativement l’apparition des rêves lucides.
Un rêve lucide est cet état dans lequel le rêveur est conscient et peut, par exemple, contrôler l’histoire en décidant de s’élancer dans les airs comme un superhéros. Une personne vivra au moins un épisode de rêve lucide dans sa vie. Certains y parviennent en mettant en pratique des techniques cognitives de sommeil.
Les chercheurs ont recruté 121 personnes qui devaient suivre un atelier sur les rêves lucides. Ensuite, pendant trois nuits consécutives, ils ont donné à trois groupes une dose de galantamine (4 ou 8 mg) ou un placebo. La galantamine stimule l’acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire et l’apprentissage. Ce médicament favorise aussi le sommeil paradoxal, une période du sommeil où les rêves se déroulent.
Cette médication est couplée avec des techniques cognitives (une méthode appelée MILD, Mnemonic Induction of Lucid Dreams) où les participants apprennent à reconnaître leur état de sommeil pour ensuite contrôler leurs rêves. Au total, 69 personnes ayant pris la galantamine ont vécu un rêve lucide, avec une incidence plus grande chez ceux qui avaient reçu la plus forte dose. Dix-sept personnes ayant eu le placebo et pratiqué la technique MILD ont également fait un rêve lucide.
Les sujets ont décrit leurs rêves dopés à la galantamine comme étant plus saisissants et complexes que leurs rêves habituels. Les émotions y étaient aussi plus positives. Ainsi, une participante a pris le contrôle de son rêve quand, devant un présentoir de patins à roues alignées, elle s’est rappelée qu’elle avait toujours voulu patiner dans les allées d’un magasin – ce qu’elle a fait aussitôt!
Publiée dans PLOS One, l’étude comporte toutefois des faiblesses, ce que les auteurs ne manquent pas de souligner. Elle n’a pas été réalisée dans un laboratoire de sommeil où les différentes phases sont enregistrées. Les participants étaient alors les seuls juges pour distinguer si leur rêve était lucide ou non.
Bien que la perspective d’effectuer des acrobaties pendant la nuit soit amusante, le côté plus sérieux de la recherche laisse croire à un certain potentiel pour aider les gens souffrant de cauchemars récurrents.