Mars Express. Image: ESA – D. Ducros
Cette fois, c’est assez clair : il y a bel et bien de l’eau liquide sur Mars, cachée sous la calotte glaciaire du pôle sud.
Un lac souterrain vient d’être découvert par la sonde européenne Mars Express qui orbite autour de la planète rouge depuis 15 ans.
Entre 2012 et 2015, la sonde a envoyé des signaux radar capables de pénétrer à plusieurs kilomètres dans le sol et a analysé le temps qu’ils mettaient à se réfléchir, qui dépend des matériaux rencontrés. Une équipe de scientifiques italiens a publié les résultats dans Science et interprète la présence d’une zone « brillante » (sur l’image ci-dessous) comme « une interface entre la glace et une quantité d’eau liquide stable ».
La zone en question, située à 1,5 km sous terre, s’étend sur une vingtaine de kilomètres. « L’eau est là, nous n’avons plus de doute », a déclaré le co-auteur de la publication Enrico Flamini, lors d’une conférence de presse.

Détection d’eau par radar. Image: ESA/NASA/JPL/ASI/Univ. Rome
Des doutes… enfin levés
Ce n’est pas la première fois qu’on soupçonne la présence d’eau liquide sur la planète rouge. En 2015, l’observation de coulées sombres, nommées RSL, pour « Recurring slope lineae », qui vont et viennent en fonction des saisons, laissait penser que des eaux saumâtres coulaient encore.
Mais en 2017, une étude venait contredire cette interprétation, arguant que les RSL étaient plutôt constituées de sable. Cette nouvelle étude met donc fin au débat, même si certains scientifiques ont appelé à la prudence quant à l’interprétation des résultats…
Source de vie?
Pour rester liquide aux températures glaciales qui règnent dans le sous-sol martien, l’eau est probablement saturée de sels minéraux et de perchlorates, ce qui rend son « habitabilité » peu probable, selon plusieurs scientifiques.
Il n’empêche que la découverte d’un tel volume d’eau liquide est une nouvelle de taille. On sait depuis longtemps que Mars a déjà abrité des cours d’eau et des lacs, et même probablement un large océan, il y a de cela 3 ou 4 milliards d’années quand le climat y était plus chaud et l’atmosphère plus épaisse. « Beaucoup d’indices montrent qu’il y a eu de l’eau liquide par le passé, avec des rivières et des lacs d’eau douce. On sait qu’il y a encore aujourd’hui des calottes glaciaires et de l’eau souterraine gelée », expliquait récemment en entrevue avec Québec Science Richard Léveillé, géochimiste à l’Université McGill et ancien chercheur à l’Agence spatiale canadienne.
« Cette découverte excitante est un point culminant pour la science planétaire et va nous permettre de mieux comprendre l’évolution de Mars, l’histoire de l’eau sur cette voisine de la Terre et son habitabilité », s’est réjoui Dmitri Titov, responsable du projet Mars Express à l’Agence spatiale européenne.