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Santé

Maladie de Lyme : toujours plus de cas au Québec

05-06-2018

Le nombre de cas de maladie de Lyme contractés au Québec a presque doublé entre 2016 et 2017, selon les données les plus récentes de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

La maladie de Lyme, aussi appelé borréliose de Lyme, est une infection causée par la bactérie Borrelia burgdorferi, qui se transmet par la piqûre d’une tique. Le plus souvent, la bactérie parasite la tique à pattes noires, Ixodes scapularis, appelée tique du cerf. Une étude réalisée par des chercheurs américains du Mayo Clinic pointe aussi une nouvelle espèce de bactérie, Borrelia mayonii, qui est responsable de symptômes similaires à ceux de la maladie de Lyme.

Ces bactéries gagnent du terrain dans la province. Au Québec, l’an dernier, on comptait 248 cas en 2017, d’après les données de l’INSPQ, contre 160 cas en 2016. On relève une majorité de ces cas en Estrie (138) et en Montérégie (75). Selon l’INSPQ, dans les zones plus à risque du Québec, 20% des tiques seraient infectées.

Les symptômes de la maladie de Lyme
Quand la tique pique, elle cause une réaction inflammatoire et une rougeur cutanée caractéristique en forme de bull’s eye. La personne peut souffrir de fièvre, fatigue, maux de tête, raideur à la nuque, douleurs musculaires et articulaires. Si l’infection n’est pas traitée avec des antibiotiques, les bactéries se répandent à travers l’organisme entre 2 à 8 semaines après la piqûre et peuvent produire des complications au niveau cardiaque, neurologique, etc.

Diagnostic difficile
La maladie de Lyme n’est pas facile à diagnostiquer, ce qui peut retarder le traitement aux antibiotiques. Le diagnostic repose principalement sur les symptômes et l’on confirme les résultats en effectuant des tests sérologiques.

Une compagnie finlandaise a mis au point un nouveau test pour accélérer le diagnostic. Les résultats de recherche, publiés en avril dans Diagnostic Microbiology and Infectious Disease, démontrent que certaines molécules sont présentes dans le liquide céphalorachidien lorsqu’il y a infection (molécules CXCL 13).

Aucun vaccin contre la maladie de Lyme
Pour prévenir l’apparition de la maladie, les autorités sanitaires recommandent notamment d’éviter de se promener dans les herbes hautes, où les tiques aiment bien se cacher, et d’utiliser du chasse-moustiques (d’autres moyens de prévention sont proposés ici).

Il y a quelques années, en 1998, la Food and Drug Administration (FDA) avait approuvé le vaccin LYMErix, « qui pouvait réduire jusqu’à 80 % des infections chez les adultes ». Ce vaccin, donné en trois doses, stimulait le système immunitaire. Dès que la tique piquait, les anticorps ciblaient et attaquaient la bactérie pour l’empêcher de s’introduire dans l’organisme.

Mais LYMErix a fait son entrée sur le marché dans un contexte défavorable où la population s’inquiétait de l’efficacité des vaccins. Certaines personnes vaccinées ont dénoncé plusieurs effets secondaires indésirables, et des études ont mis en doute son innocuité. Cela a sonné la fin de LYMErix, qui a été retiré du marché en 2002, même si la FDA n’a trouvé aucun fondement à ces études (on peut lire davantage sur l’histoire du vaccin ici).

Un autre vaccin est présentement à l’étude, mais celui-ci ne sera pas sur le marché avant au moins 5 ans.

D’où vient la maladie?
Avec les températures de plus en plus clémentes, certaines maladies qui sévissaient plus fréquemment aux États-Unis, comme la maladie de Lyme, font tranquillement leur chemin jusqu’au Québec. Cette maladie a été décrite pour la première fois en 1977 dans la petite municipalité de Lyme, au Connecticut.

À lire. Notre reportage publié en 2014 : Maladie de Lyme, la piqûre qui rend fou

Photo: United States Department of Agriculture

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