Si l’humain pouvait prendre quelques bouffées « d’air » de la planète Uranus, il sentirait une odeur insupportable d’œufs pourris, selon une équipe internationale de chercheurs.
Même si Uranus sent mauvais, un visiteur humain y souffrirait bien avant du froid extrême (- 224 °C) et du manque d’oxygène. Les scientifiques ont détecté qu’il y a de l’hélium, de l’hydrogène et du méthane sur Uranus, mais la composition de ses nuages n’avait pas été déterminée avec certitude et restait un mystère malgré des années d’observation et la visite de la sonde spatiale Voyager 2, qui l’a survolée en janvier 1986. La 7e planète du Système solaire a récemment dévoilé ses «charmes» avec l’utilisation d’instruments devenus plus sophistiqués.
Grâce à la puissance du télescope Gemini North, situé à Hawaï, des chercheurs américains, britanniques et français ont détecté la présence de sulfure d’hydrogène dans les nuages d’Uranus, un gaz nauséabond. L’analyse spectroscopique a été effectuée avec l’instrument Near-Infrared Integral Field Spectrometer (NIFS) pour déterminer la composition chimique. Ces résultats ont récemment été publiés dans le journal Nature Astronomy.
Selon Chris Davis de la National Science Foundation, qui finance en partie le télescope Gemini, «ce travail démontre l’utilisation étonnante et innovante d’un instrument conçu à l’origine pour étudier les environnements autour des énormes trous noirs au centre des galaxies lointaines.»
Un mystère enfin résolu
Il y a bien longtemps que les scientifiques tentent d’identifier la composition chimique des nuages d’Uranus. L’autre hypothèse répandue était qu’on y trouvait plutôt de l’ammoniac, comme sur Jupiter et Saturne. Cette découverte n’est pas superflue, car cela donne des pistes sur la naissance de ces gigantesques planètes, laissant croire qu’Uranus se serait formée différemment de Jupiter et de Saturne.
Le télescope James Webb, qui sera lancé en 2020, ainsi que les télescopes terrestres géants qui seront bientôt en fonction devraient mener à d’autres découvertes sur cette planète située aux confins du Système solaire.
Photo: NASA/JPL