© Peter Menzel/spl
Simon Perreault, génie mécanique, doctorant
Philippe Cardou, robotique
Université Laval
RoboDoc
On veut en faire un assistant chirurgien hors pair qui effectue des biopsies et manipule des scalpels.
L’insertion d’un bras robotisé à l’intérieur d’un appareil IRM pose un défi de taille aux scientifiques, car il faut éliminer la présence de métal qui interférerait avec le champ magnétique généré par l’appareil, une composante essentielle à la précision des images. Impossible d’incorporer aux robots des moteurs traditionnels, donc. «Notre robot n’a pas de moteur et ne requiert pas d’électricité, explique Philippe Cardou. Il est dirigé par des câbles, un peu comme une marionnette.»
Écrire «Laval» sur une feuille plane ne requiert que deux degrés de liberté − une translation dans l’axe des x et une translation dans l’axe des y. Mais l’équipe travaille à d’autres prototypes plus sophistiqués. Idéalement, on souhaite donner au robot six degrés de liberté, comme un bras humain. Le stylet pourrait également se déplacer dans l’axe des z et effectuer des rotations autour des trois axes.
Même fin, autres moyens: à l’Université de Sherbrooke, le professeur Jean-Sébastien Plante et la professionnelle de recherche Geneviève Miron travaillent également à un robot qui pourrait être inséré à l’intérieur d’un appareil IRM. Il n’est pas activé par des câbles cependant, mais par des muscles pneumatiques.
Leur prototype contient 20 «muscles», en fait, 20 petits ballons de silicone reliés entre eux et qui travaillent ensemble pour dicter les mouvements d’un instrument chirurgical auquel ils sont attachés. «Chaque muscle peut être soit gonflé d’air, soit dégonflé, résume le professeur. Et comme il y a 20 muscles, ça fait 220 possibilités, soit plus de un million de configurations possibles.»
Chaque fois que les muscles adoptent une configuration différente, ils imposent un nouveau mouvement à l’instrument chirurgical. «Évidemment, pour faire exécuter au robot une série de gestes, il faudra programmer de façon très pointue la séquence d’actionnement des muscles, dit-il. Et dans tous les cas, un médecin sera là pour superviser la séquence.»
La chirurgie n’est pas une profession en voie de disparition.