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Santé

Que faire si un enfant semble anxieux?

15-02-2016

La psychologue Nathalie Couture donne quelques clés pour aider un enfant qui se fait trop de soucis.

Dans son bureau du Vieux-La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal, Nathalie Couture garde, sur le dessus d’une armoire, deux épées en styromousse qui lui servent lors de ses «combats» avec les enfants souffrant d’anxiété de performance. Elle est sans pitié: «Ils ont besoin d’apprendre à perdre!»

Les jeunes anxieux sont très nombreux à venir consulter. Avec sa collègue Geneviève Marcotte, elle a d’ailleurs produit un livre à la rescousse des petits angoissés: Incroyable Moi maîtrise son anxiété. À travers une histoire et des exercices, les enfants apprennent à reconnaître les pensées négatives, personnifiées par Petit Minus, pour ensuite faire de la «gym des pensées». «Au fond, résume-t-elle, c’est de la restructuration cognitive.»

Souvent, les parents ne se rendent pas compte que leur rejeton vit de l’anxiété. «Il a mal au ventre? Ils pensent à quelque chose comme une indigestion. Mais si ça revient souvent, ils feraient mieux de voir ce qui se passe dans son environnement. Ils réaliseront peut-être que, par exemple, l’enfant a mal au ventre avant chaque match de soccer.»

Oublier la performance

Nathalie Couture invite souvent les parents qui la consultent à lâcher prise concernant la performance de l’enfant: «Ils cherchent le meilleur pour lui et veulent qu’il s’épanouisse sur tous les plans: sportif, artistique, relationnel, scolaire. Mais sans s’en rendre compte, ils lui mettent de la pression. Si on veut lui éviter de souffrir d’anxiété, il faut laisser au jeune du temps à ne rien faire.»

Comment aider un enfant anxieux? D’abord, ne pas banaliser ce qu’il vit. Imaginons qu’il a peur des exposés oraux. «Certains parents vont lui dire: “Ben voyons donc, ne t’en fais pas; t’es capable!” L’enfant va “capoter” encore plus.» Il faut plutôt être à son écoute. «Valider ses émotions, normaliser les choses, le faire parler pour apprendre à connaître les situations, sans les interpréter à sa place; et éviter de paniquer aussi.» Par exemple, si l’enfant confie qu’il a eu une terrible journée à l’école parce que tout le monde a ri de lui, mieux vaut lui poser des questions que s’affoler.

«On va peut-être finalement réaliser qu’il y a eu un seul événement négatif à la récréation, que deux élèves ont ri de lui, mais que d’autres l’ont défendu.» Tout ce processus va l’aider à relativiser.

Dans le cas d’une peur précise, le parent peut aider son enfant à s’y exposer progressivement. «On la décortique en petits morceaux qu’on affrontera un à un, graduellement.»

Lire aussi: Anxiété: le drame des toujours-inquiets

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