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Voyageuses clandestines

20-10-2017

photo: AShkanov@depositphotos

En 2003, la NASA lançait la double mission Mars Exploration Rover (MER). Deux robots mobiles, Opportunity et Spirit, se sont alors posés de chaque côté de Mars en janvier 2004 pour explorer sa surface et y chercher la présence d’eau. Alors que cette mission est une réussite, Opportunity étant encore actif en 2017, ces aéroporteurs font l’objet d’un autre sujet de l’actualité. Ils auraient emporté sur Mars des bactéries terriennes !

Si rien n’est sûr, une espèce bactérienne a bien été repérée au Kennedy Space Center, le centre de la NASA où les robots explorateurs ont été construits, en Floride. Le micro-organisme a été baptisé Bacillus safensis, du nom du lieu de sa découverte: le Spacecraft Assembly Facility (SAF) de la NASA, en Californie.

Les micro-organismes sont partout autour de nous, ce qui pose un défi de taille aux spécialistes des entreprises spatiales : comment limiter la contamination bactérienne des vaisseaux, des satellites et des sondes envoyés dans l’espace ? B. safensis n’est pas un microbe pathogène, c’est-à-dire dangereux pour l’humain, mais sa présence-surprise dans l’espace peut être dérangeante. Ce micro-organisme pourrait, par exemple, fausser les expériences bactériennes faites par les astronautes de la Station spatiale internationale (SSI). Plus encore, cette bactérie pourrait induire en erreur les chercheurs en les laissant croire qu’elle est une nouvelle forme de vie extraterrestre. Imagine le désastre si on annonçait la découverte de vie sur Mars, alors que B. safensis proviendrait de la Terre !

Puisqu’il n’est pas possible de détruire 100 % des germes sur le matériel spatial, la NASA a décidé d’étudier certaines espèces bactériennes dans l’espace. Comment se comportent-elles dans l’environnement sans gravité de la SSI ? Pour ce faire, des employés de la NASA ont isolé des bactéries en récupérant des échantillons de surfaces en contact avec les humains: poignées de porte, toilettes, rampes d’escalier, etc. Résultats : sur 48 espèces cobayes, presque toutes s’adaptaient parfaitement à leur nouvel environnement orbital. Aucun signe d’inconvénient en absence de gravité, pourtant si néfaste pour les astronautes. Une seule bactérie a montré une meilleure croissance dans la SSI que sur Terre, avec une augmentation de 60%. Devine laquelle ? Eh oui, encore B. safensis ! Cette bactérie vedette fera l’objet d’autres études, car les scientifiques veulent comprendre les raisons pour lesquelles elle préfère l’environnement de la SSI à celui de la Terre.

Alors que l’être humain rêve de coloniser Mars, peut être devra-t-il se dépêcher avant que d’autres espèces terriennes le fassent avant lui ! Qui sait ?
 

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