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Nommer le temps passé

04-11-2014

Au début des années 1820, un minéralogiste français du nom d’Alexandre Brongniart se promenait dans les montagnes du Jura, en Suisse. Il s’intéressait entre autres aux nombreux fossiles qu’il voyait dans certaines couches de roche.

Plus tard, lors d’un autre voyage à saveur géologique près de Paris, il vit des fossiles qui lui rappelaient fortement ceux du Jura. « Des fossiles jurassiques« , se dit-il… Et ainsi naquit le nom qu’on donna par la suite à toutes les strates de roche arborant ces mêmes arrangements de fossiles… et ayant vécu à la même époque.

Et l’on fit de même ailleurs. Chaque nom a sa petite histoire : les roches du Devonshire en Angleterre ont donné leur nom au Dévonien ; le Silurien rappelle une ancienne tribu celtique, les Silures ; le Crétacé vient du latin creta qui signifie craie, référence à de grandes formations calcaires d’Europe ; les roches du Carbonifère sont riches en charbon

Et avec le temps, on a classé ces périodes par ordre d’ancienneté. Comme les couches du Dévonien étaient toujours trouvées en dessous de celles du Carbonifère, on en a déduit qu’elles étaient plus anciennes. De la même façon, celles du Crétacé sont plus jeunes que celles du Jurassique. Tranquillement, une période à la fois, on a trouvé leur place dans l’échelle du temps.

Autre indice de leur âge relatif : les fossiles qu’ils contiennent. Les paléontologues ont remarqué que les fossiles des roches les plus anciennes semblaient plus primitifs, alors que ceux des roches moins anciennes ressemblaient plus aux êtres vivants actuels.

Ainsi est née l’échelle des temps géologiques, où les frontières entre les périodes sont principalement des épisodes d’extinction plus ou moins importants où les écosystèmes ont été bouleversés pour laisser place à de nouvelles formes de vie un peu différentes. Et avec l’expérience, les paléontologues en sont venus à déterminer la période d’une formation rocheuse juste en observant ses fossiles. Mais pendant longtemps, cette échelle a été relative, c’est-à-dire qu’on pouvait avancer qu’une période était plus vieille qu’une autre, sans vraiment pouvoir dire son âge.

Tout a changé dans les années 1950 avec la découverte de la radioactivité naturelle qui a permis de mettre au point des méthodes de datation très précises. On sait que les roches du Jura, par exemple, se sont formées entre 200 et 145 millions d’années avant aujourd’hui.

L’échelle géologique moderne compte plusieurs divisions, elles-mêmes subdivisées en sections plus petites, comptant elles-mêmes des subdivisions plus précises… Et chacun de ces morceaux de temps a des frontières temporelles bien précises. Et chaque nouvelle formation fossilifère, chaque nouvelle datation permettent de raffiner tout cela.

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