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Technologie

World War Web

22-09-2011

Après que le Pentagone a été la cible de plusieurs attaques informatiques, l’administration de Barack Obama a annoncé son intention de riposter militairement, estimant que toute cyberattaque pourra être considérée comme un acte de guerre. Nicolas Arpagian, l’un des plus grands spécialistes des questions de cybersécurité, nous explique ce que cela signifie concrètement. Coordonnateur des programmes d’enseignement à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), à Paris, et rédacteur en chef de la revue Prospective Stratégique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués dont La cybersécurité (Que Sais-je?, puf) et La cyberguerre. La guerre numérique a commencé (Éditions Vuibert, 2010).

La cyberguerre est-elle la nouvelle forme de conflit planétaire?
Le gouvernement des États-Unis est conscient que la cyberguerre implique un changement d’approche dans la manière de concevoir la sécurité. Les spécialistes de la question sont catégoriques: à une époque où tous les centres opérationnels gouvernementaux, industriels, économiques, etc., sont contrôlés par des ordinateurs, une cyberattaque pourrait avoir un effet dévastateur.
En 2010, un rapport sur les enjeux et les conséquences délétères des cyberguerres, dont le Wall Street Journal a publié ce printemps de larges extraits, affirmait que les États-Unis sont mal préparés pour contrer des cyberattaques. Les conclusions de ce rapport ont incité Barack Obama, en décembre 2010, à nommer Howard Schmidt au poste de conseiller sur les questions de cyberguerre. Les États-Unis considèrent qu’Internet est un territoire virtuel placé sous leur autorité. Pour eux, dorénavant, toute agression contre Internet équivaudra à une agression contre leur territoire.

La cyberguerre est-elle entamée?
C’est une réalité très tangible. Depuis 1988, il y a eu des attaques majeures contre les sites Internet des services de la défense des États-Unis, de la Géorgie, de l’Estonie, de la France et de certains autres pays occidentaux. Des pirates informatiques peuvent stopper le fonctionnement d’une centrale électrique, bloquer des ports et des pipelines, ou les faire exploser, dérégler le système informatique contrôlant le trafic ferroviaire ou maritime, etc. Les réseaux informatiques sont de plus en plus nombreux, donc de plus en plus vulnérables et fragiles, et les cyberattaques, de plus en plus sélectives.

Lisez la suite de l’entrevue dans le numéro d’octobre 2011 de Québec Science.

(Illustration: Aaron McConomy)

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