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Technologie

Un pas de plus vers un vaccin produit par les plantes

26-09-2017

Nicotiana benthamiana, utilisée par Medicago pour produire ses vaccins. Source: Wikicommons, Chandres

Medicago lance la troisième phase d’étude clinique de son candidat-vaccin contre la grippe saisonnière.

L’entreprise québécoise Medicago annonce le début de la troisième phase d’étude clinique de son candidat-vaccin contre la grippe saisonnière. L’étude compte 10 000 personnes réparties dans sept pays (Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Finlande, Thaïlande et Philippines).

Le but: confirmer à grande échelle l’efficacité du vaccin. Si les résultats sont probants, le vaccin pourra être sera soumis aux autorités pour une éventuelle commercialisation au Canada, aux États-Unis et en Europe en 2020.

La particularité de Medicago, c’est qu’elle utilise des plantes pour produire ses médicaments. Québec Science a d’ailleurs consacré un reportage à l’entreprise et à la « moléculture », à relire ici.

L’intérêt principal de cette méthode est le gain de temps: seules cinq ou six semaines suffisent pour produire un premier lot de vaccins, contrairement aux cinq ou six mois qu’exige la production traditionnelle, qui se fait en innoculant des oeufs de poule.

Voici le principe de l’«expression transitoire», utilisée par Medicago. La méthode consiste à introduire, dans une plante normale, le gène correspondant à la protéine que l’on souhaite obtenir, et à forcer la plante à en fabriquer de grandes quantités. Contrairement aux OGM, ce gène ne s’intégrera pas de façon permanente au génome et ne pourra donc pas être transmis aux graines ni au pollen.

Pour l’introduire de façon transitoire, on utilise une bactérie du sol, Agrobacterium tumefaciens, qui peut, de façon naturelle, transférer de l’ADN dans les cellules végétales. «Notre but est de mettre ensuite toutes les cellules de la plante en contact avec Agrobacterium pour maximiser la production de protéines», précise Marc-André D’Aoust, de Medicago. Pour ce faire, les plantes sont plongées à l’envers dans un bain où flottent d’innombrables bactéries porteuses du gène qui intéresse les biologistes. «On fait d’abord le vide pour que les feuilles se rétractent. Puis on rétablit la pression. Alors les feuilles se gonflent comme des éponges, et elles absorbent le liquide et les bactéries», ajoute-t-il.

L’opération dure à peine quelques minutes. Les plantes en ressortent trempées et un peu ratatinées. Puis, pendant une dizaine de jours, presque chaque cellule, dans chacune des feuilles, va se mettre à produire la précieuse protéine en grande quantité, en bonne ouvrière disciplinée. Dans une salle jouxtant la serre, des employés en sarrau blanc broieront ensuite les feuilles, «comme on hache des épinards». Puis le produit sera finalement extrait, filtré et purifié, non loin de là, dans une autre usine de Medicago. Le tour est joué!

C’est ainsi que Medicago produit des particules pseudo-virales (PPV) qui ressemblent à des fragments de virus de la grippe et qui permettent au système immunitaire de se « préparer » à affronter les virus efficacement (voir l’article sur les protéines thérapeutiques).

« Les résultats obtenus à ce jour nous permettent de croire que notre vaccin novateur surclassera les vaccins actuels, et ce, au bénéfice des personnes les plus susceptibles aux infections causées par le virus de la grippe », a expliqué Bruce D. Clark, président et chef de la direction de Medicago, dans un communiqué.

 

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