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Technologie

Et si nos déchets alimentaires servaient à produire de l’énergie?

09-06-2017

Une équipe de chercheurs de l’Université Concordia à Montréal travaille sur une nouvelle technique plus économique de biométhanisation, un procédé qui transforme nos restants de table en énergie grâce aux bactéries.

Les scientifiques ont réussi pour la première fois à utiliser des bactéries actives à basse température, dites psychrophiles, au contraire des bactéries habituellement employées pour la biométhanisation.

«Dans un pays froid comme le Canada, la biométhanisation fonctionne avec des bactéries actives à une température de 35 à 50 °C, mais elle est coûteuse à réaliser. Avec cette technique opérant en dessous de 20 °C, on produit la même quantité de biogaz qu’avec les bactéries agissant à haute température, mais sans l’énorme coût du chauffage», précise Rajinikanth Rajagopal, directeur de l’étude conduite à l’Université Concordia.

Une fois la digestion terminée, les restes des déchets sont traités pour servir de fertilisant organique et le biogaz produit devient une source d’énergie ou d’électricité. Plus économique, donc, et aussi moins polluant! On pourrait ainsi réduire la quantité de déchets en décomposition dans les décharges à ciel ouvert, qui dégagent des gaz à effet de serre, dont 22% des émissions de méthane du Canada.

«Nous piégeons le gaz produit par la digestion dans un milieu fermé afin de pouvoir l’utiliser comme énergie. Il ne représente donc plus un danger pour l’environnement et n’a pas d’odeur désagréable», explique le chercheur.

Des tests à moyenne échelle sont en processus de validation avec Agriculture et Agroalimentaire Canada et Bio-Terre Systems pour que cette approche soit rentable à l’échelle industrielle.

«Nous cherchons un moyen pour que les compagnies aient un retour d’investissement en cinq ans. Le biogaz, les fertilisants et les redevances de déversement sont une source de revenus qui permet de rentabiliser l’investissement à long terme», précise M. Rajagopal.

Quelques défis subsistent, comme celui de pouvoir séparer efficacement les déchets organiques des déchets non dégradables comme le plastique ou le métal avant de pouvoir s’en servir.

«De plus, il faudrait collecter régulièrement et efficacement les déchets, car la nourriture, notamment la viande, s’acidifie très vite, ce qui ralentit la décomposition et dégage de fortes odeurs», souligne le directeur de l’équipe de l’Université Concordia.

Photo: U.S. Department of Agriculture, Flickr.com

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