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04-10-2018

Depuis plus de 25 ans, cette femme de tête crée des ponts entre les chercheurs et les entreprises au nom du progrès de la science et de l’innovation.

Bien avant d’avoir un diplôme en poche, Nancy Déziel était animée par un but précis. « Faire de la recherche pour aider les entreprises à mettre au point des technologies environnementales. C’est ce qui m’allumait », raconte-t-elle. En 1993, alors étudiante en techniques de laboratoire au collège Shawinigan, elle cogne à la porte du Centre national en électrochimie et technologies environnementales (CNETE). Elle y effectue un stage, puis y gravira les échelons pour décrocher le poste de directrice générale en 2009.

« Nos technologies sont utilisées dans plusieurs secteurs, de l’agrotransformation à la pharmaceutique, en passant par la transformation des minerais, les énergies renouvelables et la chimie verte », constate Nancy Déziel.

Ainsi, le CNETE a aidé Bio-K à concevoir ses probiotiques végétaliens et Nemaska Lithium à obtenir certains brevets en vue de commercialiser des sels de lithium destinés à la fabrication de batteries dans l’électrification des transports.

De plus, le CNETE travaille depuis une dizaine d’années avec la Société Laurentide sur les enjeux bactériologiques et toxicologiques du recyclage de peinture au Québec. L’entreprise a lancé en 2018 un rénovateur d’asphalte fabriqué à partir de peintures et de pigments recyclés.

« Dans notre industrie, la recherche et développement est essentielle pour se démarquer et le CNETE nous permet d’avancer grâce à son expertise et à ses équipements », affirme André Buisson, président et chef de la direction de la Société Laurentide.

« En recherche-développement, c’est facile de se perdre en conjectures, de ralentir le processus et de perdre le potentiel industriel, mais Nancy Déziel est sensible aux réalités des entreprises et cette attitude favorise de meilleures relations d’affaires », ajoute M. Buisson. Une chimie qui, de toute évidence, porte ses fruits, puisque le CNETE connaît une croissance exponentielle.

Depuis 10 ans, 85 % des projets qui y sont menés ont été transférés dans les entreprises. Le chiffre d’affaires a été multiplié par sept, atteignant cette année plus de 3,5 millions de dollars. Pour répondre à la demande, le CNETE, qui compte 42 employés et 35 stagiaires, vient d’être agrandi.

En plus d’agir comme conseillère municipale à Shawinigan, Nancy Déziel est engagée depuis plus de 10 ans dans le Réseau Trans-tech, qui regroupe les centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT). Comme présidente sortante du conseil d’administration, elle est fière de la création de 10 nouveaux CCTT − pour un total de 59 − et d’un investissement gouvernemental de 20 millions de dollars dans le soutien de la formation.

« C’est important de développer ce réseau parce que, avec l’appui de partenaires, on va toujours plus loin », explique-t-elle.

Nancy Déziel désire aussi inciter davantage de jeunes filles à choisir les sciences. « Nous sommes maintenant près de 40 % de femmes à la tête des CCTT et environ la même proportion à être employées par le CNETE, mentionne-t-elle. Il y a du progrès, mais il faut faire plus, comme outiller les filles pour qu’elles fassent un choix de carrière éclairé et bien les accueillir en recherche. »

 

La production de ce reportage a été rendue possible grâce au CNETE et au Réseau Trans-tech.

Photo en ouverture: Nancy Déziel, directrice générale du Centre national en électrochimie et technologies environnementales. Crédit photo: Olivier Croteau

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