Hâte aux vacances des fêtes? Sachez que celles-ci dureront une seconde de plus.
Le 31 décembre 2016, à 23h 59 minutes et 59 secondes, les cadrans afficheront une 61e seconde avant de passer à minuit.
L’ajout d’une seconde intercalaire survient régulièrement depuis 1972 (tous les 18 mois environ). Il vise à compenser le décalage qui existe entre le temps légal et le temps astronomique défini par la rotation de la Terre (et donc par la succession des jours et des nuits).
C’est en se fiant au temps astronomique que l’on réglait les horloges jusqu’aux années 1950 (la seconde étant par exemple définie en fonction du jour solaire moyen, c’est-à-dire la période qui ramène le Soleil deux fois consécutives au méridien du lieu d’observation…). Sont ensuite arrivées les horloges atomiques, infiniment plus précises, puisqu’elles ne dévient pas de plus d’une seconde en environ 100 millions d’années.
Contrer le décalage
Aujourd’hui, tous les GPS et systèmes de télécommunications sont calés sur les horloges atomiques. Seulement voilà, comme la rotation de la Terre est irrégulière, les deux temps (le temps universel coordonné, UTC, et le temps astronomique) se décalent légèrement.
En fait, depuis 1958, le retard sur le temps atomique accumulé par l’horloge « terrestre » s’élève à 35 secondes.
Or il a été décidé en 1972, par un accord international, qu’il ne fallait pas que le décalage entre les deux excède une seconde. Régulièrement, donc, le Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence et plus précisément le Service de rotation de la Terre basé à l’observatoire de Paris, décide d’ajouter une seconde intercalaire, généralement à la fin des mois de juin ou décembre.
On peut lire sur leur site que « le mouvement de la rotation terrestre est perturbé par de nombreux effets, dont les plus importants sont dus aux variations du régime des vents, à des variations de courants à l’intérieur du noyau de la Terre et à l’action de la Lune et du Soleil. Ainsi, un tour de la Terre sur elle-même en août est plus court d’une à deux millisecondes qu’un tour en février. »
La seconde intercalaire remise en question
De nombreux débats font rage chez les scientifiques quant à la nécessité de conserver ce système de secondes intercalaires. Est-ce si grave si, à terme, la course du Soleil ne correspond plus aux heures de nos horloges? Et qu’à minuit à nos montres, le Soleil est encore haut dans le ciel? Ainsi, au bout de 5000 ans, le décalage entre les deux temps atteindrait environ 20 heures.
Le problème, c’est que les systèmes informatiques ont de la difficulté à jongler avec les secondes intercalaires, dont les dates d’apparition de sont pas décidées longtemps à l’avance.
Il devient compliqué de synchroniser des milliers de serveurs sans plantage… D’ailleurs, en 2012, l’ajout d’une seconde de plus le 30 juin avait entrainé des bogues sur de nombreux sites web, comme LinkedIn, ou celui de la compagnie aérienne Qantas.