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Sciences

Science et fraude : à la recherche de solutions

21-10-2013

Le dossier original est disponible dans le numéro de QS de novembre 2013. Il a été modifié ci-dessous pour faciliter la lecture en ligne.

Aux niveaux fédéral et provincial (Fonds de recherche du Québec), de nombreux projets de lignes directrices et autres webinaires de formation sont en cours de préparation. Suffiront-ils à changer les pratiques ? Rien n’est moins sûr. « Il faut appliquer des sanctions, mais une approche uni uniquement punitive incite à cacher les problèmes. Pour réduire le nombre de cas d’inconduite, il est avant tout nécessaire d’agir sur les facteurs causaux, qui sont nombreux et bien identifiés. En fait, c’est toute la culture scientifique qui doit changer », pense Bryn William-Jones.

La tâche est donc ardue, mais la prise de conscience actuelle est un bon début. « De plus en plus de chercheurs commencent à plaider pour la publication d’études négatives et pour un accès libre à tous les résultats de recherche, publiés ou non », note l’éthicien.

Le salut pourrait bien venir de la communauté scientifique elle-même, et de sa mobilisation croissante sur Internet. Lorsque, en 2011, la revue Science a publié une étude de la NASA suggérant l’existence de bactéries vivant avec de l’arsenic à la place du phosphore dans leur ADN, les protestations ne se sont pas fait attendre. De nombreux chercheurs ont inondé Science  de lettres questionnant la méthodologie de l’étude, et plusieurs équipes ont pu accéder aux échantillons, refaire les manipulations et démentir les résultats initiaux.

« Les cas extrêmes nous font penser que le milieu est corrompu, mais 90% des chercheurs sont là pour de bonnes raisons. Ils sont passionnés, motivés et alertes, soutient Bryn William-Jones, pétillant d’optimisme. Ce qui est crucial pour l’avenir, c’est de valoriser l’importance de l’intégrité et d’étudier le sujet avec des éthiciens, des psychologues, des spécialistes de la gestion, pour savoir quels incitatifs mettre en place. On peut changer les cultures. Mais il faut être patient. Ça prend toujours le temps d’une génération. »

La science est peut-être dans une mauvaise passe, mais elle reste son propre garde-fou. Elle finit toujours, avec le temps, par s’autocorriger.

Lire le dossier complet dans notre numéro de novembre 2013

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