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Sciences

La révolution du prion

23-10-2014

En 1982, l’hypothèse que l’agent responsable de la maladie de la vache folle soit une protéine, le prion, n’a pas fait l’unanimité chez les scientifiques.

Quand Stanley Prusiner propose sa théorie en 1982, il déclenche un «orage de scepticisme et de colère» dans la communauté scientifique. En affirmant, dans la revue Science, que la tremblante du mouton est causée par une simple protéine, ce neurologue américain pulvérise alors les dogmes de la biologie. Comment une protéine, par définition inerte et inoffensive, peut-elle provoquer de tels ravages dans le cerveau des moutons, y détruisant des millions de neurones?

Stanley Prusiner a tenu bon. Après 10 ans de travaux, il a écarté la thèse du virus, prisée par la plupart des biologistes de l’époque pour expliquer l’origine de cette maladie neurodégénérative qui décime les élevages. Le chercheur n’a pas non plus trouvé de bactérie, ni de champignon, ni de parasite chez les animaux malades. En fait, il n’y a aucune trace d’ADN étranger qui témoignerait de la présence d’un agent infectieux vivant.

Le constat est implacable: seule une protéine, faisant partie intégrante de l’organisme, peut être en cause. Il la baptise «prion», contraction de «particule protéique infectieuse» (en anglais proteinaceous infectious particles). Révolutionnaire, cette hypothèse lui vaudra le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1997. Et elle changera à jamais le regard des chercheurs sur les protéines.

Image: Wikicommons

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