On vous présente Kaakutja, mort il y a plus de 500 ans. Ce squelette a été trouvé en 2014 dans le parc national Toorale, en Australie, par un citoyen. Des chercheurs pensent avoir identifié ce qui a causé sa mort et ont publié ces résultats dans Antiquity.
Quand le squelette a été découvert, le paléoanthropologue Michael Westaway, de l’université Griffith, a été appelé en renfort avec son équipe, raconte le New York Times. Ils ont établi que Kaakutja – c’est le surnom qu’on lui donne, car évidemment on ne connait pas son identité réelle – est probablement mort à l’âge de 20 ou 30 ans.
Les scientifiques se sont intéressés aux marques de blessures que le squelette porte au visage. Ils ont effectué des tests par tomodensitométrie pour étudier les dommages aux os. Résultat: c’est comme si le malheureux avait reçu un coup de lame de métal tranchante en plein visage, entre autres marques de violence sur le corps.
Des historiens ont d’abord avancé que ce pourrait être un autochtone tué par un colon britannique, puisque des milliers d’entre eux sont ainsi décédés au 19e siècle.
Mais une géochimiste australienne, Rachel Wood, a ensuite estimé que les ossements dataient du 13e siècle, tandis que l’analyse des grains de sable sur le squelette laisse croire que son enterrement a eu lieu quelque part entre 1305 et 1525. Dans tous les cas, le drame a eu lieu bien avant l’arrivée des colons.
L’équipe de Michael Westaway a alors changé d’interprétation: plutôt qu’un coup d’épée, Kaakutja a probablement reçu un coup d’arme traditionnelle aborigène en bois. Ce pourrait être le fait d’un lil-lil, soit une arme qui ressemble à un bâton de golf courbé, ou alors d’un wonna, le boomerang de combat. Ce dernier pouvait être utilisé comme une hache lors de batailles.
C’est la première fois que des chercheurs trouvent le corps d’un individu potentiellement tué par un boomerang. Michale Westgate a confié au New York Times qu’il était « inattendu » que les blessures causées une telle arme ressemblent à celles causées par une arme de métal.
Le crime résolu, les ossements ont pu être retournés à la communauté de celui qui les avait trouvés. Une cérémonie traditionnelle a été organisée pour enterrer Kaakutja… une deuxième fois.
Photo: Michael Westaway