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Sciences

COP 15 : comprendre l’humain pour aider la nature

15-12-2022

Selon le Fonds mondial pour la nature, le panda roux est une espèce en voie de disparition. On dénombrerait moins de 10 000 pandas roux en Asie du Sud-Est. Image: Penny/Pixabay

Il est possible d’aider à contrer la perte de biodiversité en saisissant mieux les comportements humains.

Quels sont nos sentiments envers la forêt? Comment perçoit-on les changements climatiques? Quelle disparition d’espèce animale fait-elle le plus jaser sur les réseaux sociaux? Pour répondre à ces questions, les scientifiques et communicateurs rassemblés au sein de l’organisme On The Edge ont développé l’outil Nature Attitude Tracker.

Diogo Veríssimo, impliqué dans le projet Nature Attitude Tracker, était la semaine dernière à la Conférence des nations unies pour la biodiversité, qui se tient à Montréal, pour en parler. Chercheur au département de zoologie et spécialiste du comportement et du marketing social à l’Université d’Oxford, il travaille notamment sur des façons d’influencer notre comportement pour diminuer l’impact des activités humaines sur les autres espèces vivantes. Selon lui, il indispensable de connaître la perception du public face à la nature pour mieux cibler les efforts de conservation.

« La compréhension du comportement humain est un aspect essentiel de la conservation de la biodiversité, mais elle est souvent négligée, observe Diogo Veríssimo, en entretien avec Québec Science. Nous avons besoin de plateformes comme Nature Attitude Tracker pour comprendre ce que les gens ressentent à l’égard de la nature afin d’augmenter nos chances de renforcer le soutien à sa conservation. »

Cette plateforme, qui est l’aboutissement de deux ans de développement, recueille les données publiées dans les médias, en ligne et sur les réseaux sociaux comme Twitter. « Il est primordial d’avoir des données à la fois pour comprendre la perception du public aujourd’hui même, mais aussi comment les attitudes évoluent dans le temps et l’espace envers la nature », explique le chercheur. Ainsi, en 2020, il a remarqué le changement de perception envers le pangolin, qui était perçu négativement, car l’animal était soupçonné d’être la source du virus de la COVID-19. « Heureusement, le sentiment à l’égard du pangolin s’est amélioré depuis », confie Diogo Veríssimo.

De manière générale, Diogo Veríssimo a observé qu’au fil des ans, l’attention du public diminue envers l’ensemble des espèces animales et végétales. Pour illustrer ses propos, il indique que sur Twitter, la vedette de soccer Cristiano Ronaldo obtient une attention disproportionnée comparativement à l’intérêt porté envers les primates.

L’outil Nature Attitude Tracker est destiné entre autres aux organisations non gouvernementales qui désirent mesurer l’impact de leurs campagnes ou encore aux gouvernements qui cherchent à connaître les préoccupations de leurs citoyens.

S’éteindre deux fois

Taupe géante dorée. Illustration: Wikimedia Commons

Lorsqu’une espèce disparaît de notre radar collectif, sans pour autant disparaître de la planète, on parle alors d’extinction sociétale. C’est l’objet de la recherche publiée au début de l’année 2022 dans Trends in Ecology & Evolution et à laquelle le chercheur Diogo Veríssimo a participé avec d’autres scientifiques.

Dans leur étude, le groupe de scientifiques mentionne que de nombreux facteurs mènent à l’extinction sociétale de certaines espèces : leur habitat éloigné de la présence humaine, leur manque de charisme (la taupe géante dorée attire beaucoup moins les efforts de conservation que le panda roux, par exemple) et la perte progressive de nos interactions avec celles-ci. Les auteurs s’inquiètent que dans un monde où la biodiversité est menacée, ces espèces déclinent autant dans notre imaginaire que dans la réalité.

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