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Environnement

Il pleut des virus!

06-04-2018

Photo: iStock

Il n’y a pas que la pluie et la neige qui tombent du ciel. Il y a aussi des averses de virus et de bactéries !

En fait, des millions de microbes nous tombent sur la tête chaque jour, transportés par des poussières ou des gouttelettes d’eau, sans qu’on s’en aperçoive. C’est ce qu’a démontré Curtis Suttle dans une étude publiée par l’International Society for Microbial Ecology Journal.

Ce professeur à l’université de Colombie-Britannique est fasciné par les virus. Pas ceux qui nous infectent, mais plutôt ceux qui grouillent partout autour de nous, que ce soit dans les sols, les océans ou les forêts. En 2005, il a fait un constat étonnant : des virus strictement identiques sur le plan génétique se retrouvent dans des environnements aussi divers qu’un lac situé en Allemagne, l’Arctique canadien, le golfe du Mexique et l’océan Pacifique ! Comment est-ce possible ? Puisque les virus ne peuvent se développer qu’en infectant un hôte, il y a deux solutions : soit les mêmes organismes hôtes sont présents dans tous ces lieux (ce qui est peu probable), soit lesdits virus ont voyagé sur de longues distances, pour se disperser aux quatre coins de la planète.

Afin de le vérifier, le chercheur a installé, avec des équipes espagnole et américaine, des « réceptacles » à virus dans les montagnes de la Sierra Nevada, en Espagne, à 3 000 m d’altitude. « À cette hauteur, les aérosols voyagent sans obstacle, sur de grandes distances », explique-t-il. Les scientifiques ont ensuite dénombré les micro-organismes qui s’étaient déposés dans leurs pièges, par une technique appelée cytométrie en flux. Bilan ? Il tombe du ciel entre 260 millions et 7 milliards de virus par mètre carré chaque jour ! Et pas mal de bactéries aussi, bien que le flux soit 9 à 461 fois moins important, selon leurs calculs. Accrochés aux gouttes d’eau et aux grains de sable, ces microbes peuvent se déplacer sur des milliers de kilomètres avant d’être déposés à nouveau sur terre à la faveur d’une pluie ou d’une tempête de sable. « À plus faible altitude, les virus voyagent moins loin, mais sont probablement présents dans l’air à des concentrations encore plus élevées », précise Curtis Suttle. Inquiétant ? Non, répond le chercheur. Ces virus volants infectent surtout des bactéries, et ni les uns ni les autres ne sont pathogènes. Quant aux microbes qui contaminent les humains, ils ne résistent sans doute pas à un tel voyage dans la haute atmosphère.

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