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Professions

Ingénieur nucléaire

09-09-2011

Les réactions nucléaires sont parmi les phénomènes les plus puissants et les plus spectaculaires de l'Univers ! On peut en tirer profit pour produire des bombes, mais aussi à des fins pacifiques : la production d'électricité.

Les ingénieurs nucléaires veillent à la sûreté des centrales nucléaires qui produisent cette électricité. Ils les entretiennent, conçoivent de nouveaux réacteurs et trouvent des façons sécuritaires de gérer les déchets radioactifs.

Dans le domaine nucléaire, la sûreté, c'est du sérieux ! L'énergie nucléaire génère des produits qu'on dit radioactifs. Ces substances sont très dangereuses pour les êtres humains, les animaux et l'environnement.

Mais pas de panique ! Les centrales nucléaires sont équipées d'innombrables systèmes de sécurité qui empêchent ces produits de se répandre à l'extérieur, même en cas de grave accident.

Entrevue

Luke McSweeney, ingénieur nucléaire

Après des études en génie physique à l'École Polytechnique de Montréal, Luke McSweeney s'est trouvé un emploi chez Énergie atomique du Canada. Comme il vaut mieux prévenir que guérir, dans une centrale nucléaire, Luke imagine tous les scénarios qui pourraient conduire à des accidents et calcule la probabilité qu'ils surviennent.

Pourquoi avoir choisi de devenir ingénieur nucléaire ?
L'idée m'est passée par la tête alors que j'étais en secondaire 3. Être ingénieur nucléaire, ça me semblait compliqué, mystérieux, important.

À la fin de mes études, j'ai choisi de faire un projet de recherche sur l'énergie nucléaire. On m'a offert un emploi chez Énergie Atomique, et j'ai ainsi pu réaliser mon vieux rêve !

Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ?
La satisfaction de maîtriser quelque chose de très complexe. Une centrale nucléaire, c'est incroyablement compliqué ! Il y a tellement de choses à apprendre au début… Peu à peu, à force d'assimiler tous les détails, on finit par devenir efficace !

Qu'est-ce que tu aimes le moins ?
Les tâches répétitives. Il faut connaître l'état de chaque pièce de la centrale, l'usure de chaque tuyau quand on effectue les calculs de sécurité. Je dois parfois parcourir d'immenses bases de données pour vérifier que tout y est bien inscrit ou pour mettre des informations à jour. C'est important, mais ça peut vite devenir ennuyant !

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ton métier ?
Avoir un bon esprit scientifique. Pouvoir nager dans une mer de détails sans se noyer, en distinguant rapidement ce qui est important de ce qui ne l'est pas. La patience est également de mise : tout n'est pas simple en génie nucléaire ! Il faut aussi savoir communiquer, car nous écrivons souvent des rapports sur les risques d'accident. Ces rapports doivent être compréhensibles pour les responsables de la centrale.

As-tu l'impression de travailler sur quelque chose de dangereux ?
Absolument pas ! Dans une centrale nucléaire, il y a toujours plusieurs systèmes de sécurité en parallèle. Si l'un d'entre eux flanche, un autre prend la relève, et ainsi de suite. Les risques d'accident sont vraiment minimes.

Journée type

Une journée dans la vie de Luke

La centrale Gentilly 2, située à Bécancour près de Trois-Rivières, arrive bientôt à la fin sa vie. Les ingénieurs croient tout de même qu'il est possible de lui donner un petit 25 ans supplémentaire en y effectuant d'importantes rénovations.

Depuis 4 mois, à partir de son bureau du centre-ville de Montréal, Luke travaille à démontrer hors de tout doute que la centrale ainsi rafistolée ne représentera aucun danger…

« Le cœur du réacteur est refroidi avec l'eau du fleuve St-Laurent. Qu'est-ce qui arriverait si l'entrée d'eau se bloquait ? Plusieurs systèmes de sécurité seraient automatiquement déclenchés. Mais disons que l'un d'entre eux flanche. Qu'est-ce qui se passe alors ? Je dois passer à travers toutes les possibilités. L'ordinateur calcule pour moi les probabilités que chaque scénario se produise ».

Luke écrira ensuite un rapport qui indiquera aux responsables de la centrale Gentilly 2 comment orienter leurs opérations. « De mon bureau au centre-ville, il est parfois difficile de visualiser sur quoi je travaille. C'est pourquoi je visite occasionnellement la centrale. Par exemple, si un tuyau de vapeur brûlante passe très près d'une salle où se trouvent des employés, c'est plus facile de s'en rendre compte sur place que sur papier ! »

Études

Sur les bancs d'école…

Au cégep :
DEC en sciences de la nature (sciences pures et appliquées) (2 ans)

À l'Université :
BAC en génie physique (4 ans) ou en physique (3 ans)

Et après ?
Les experts en énergie nucléaire travaillent chez Énergie atomique du Canada, comme Luke, ou dans les centrales elles-mêmes (à Gentilly 2 au Québec, ou dans les centrales de l'Ontario ou du Nouveau-Brunswick).

Le Canada a aussi vendu des réacteurs nucléaires à plusieurs pays dont la Roumanie, l'Argentine, la Chine et la Corée du Sud. Les ingénieurs canadiens peuvent être appelés à se rendre dans ces pays.

Les experts en nucléaire travaillent aussi parfois dans les universités. Ils y font de la recherche sur l'énergie nucléaire et enseignent aux étudiants.

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