Imagine un film, un spectacle de danse ou une pièce de théâtre sans musique ou bruitages. Ça serait bien ennuyeux ! Heureusement, il existe des professionnels dont le métier est de créer des bandes originales, sonoriser des salles, assure la qualité d’un album de musique… ce sont les techniciens du son. Qu’ils travaillent en studio ou qu’ils effectuent la sonorisation d’évènements, il possède de solides connaissances en technologie du son, en mathématiques et en informatique. Ils font également preuve d’une créativité remarquable pour nous en mettre plein la vue et surtout… les oreilles !
Journée type
Journée dans la vie de Nancy
24 pays, 315 spectacles en trois ans. Autant dire que pour Nancy les journées ne se ressemblent pas ! Dans quelques heures, la chef sonorisatrice posera les pieds pour la première fois en Australie.
À l’arrivée, l’équipe, composée d’une vingtaine de personnes, bénéficie d’une journée de repos bien mérité pour récupérer du décalage horaire. Nancy est impatiente de découvrir la nouvelle salle de spectacle, le Sydney Opera House. Le lendemain à 9 heures, elle décharge le matériel de sonorisation et passe la journée à installer les micros, les enceintes, sa console de mixage. Elle assiste aussi à une réunion en compagnie de la Directrice de tournée, du Directeur technique et des chefs éclairagiste, machiniste, rig (appareils accrobatiques) et de la régie. Elle rencontre également le chef sonorisateur de la salle et lui fait part de ses besoins matériels. À 20 heures, la jeune femme regagne sa chambre d’hôtel en compagnie de ses collègues.
La journée suivante est consacrée aux répétitions avec les acrobates. C’est à ce moment-là que Nancy pourra s’assurer que tout est opérationnel. Dans 30 minutes le spectacle commence. Les rideaux sont tirés et l’équipe se réunit. Assis en cercle, ils s’adonnent à leur petit rituel pour se concentrer. Ils se lancent des bâtons et chantent une chanson. Il est l’heure pour Nancy de rejoindre sa console de mixage qu’elle quittera qu’une heure trente plus tard.
La réaction du public est très différente selon les villes et les cultures. À Darwin par exemple, où l’accès à la culture est plus limité, les spectateurs sont vraiment émerveillés ! Dans les grandes villes culturelles, l’audience est plus difficile à impressionner. Après 8 représentations, la spécialiste démonte et range son matériel pour partir vers une nouvelle destination. Nancy a la possibilité de rentrer deux semaines à Montréal tous les deux mois, ou d’en profiter pour voyager. Elle a notamment eu l’occasion de découvrir Tokyo, un voyage dont elle se souviendra toute sa vie.
Études
Sur les bancs d’école…
Nancy a d’abord réalisé un DEC en Gestion & techniques de scène au Collège Lionel-Groulx. Pendant ces quatre années, elle a découvert tous les aspects techniques : la conception et la réalisation d’éclairages, l’assistance à la mise en scène, la régie, la direction de production, la direction technique et la conception d’environnements sonores. Après cette vue d’ensemble, Nancy a choisi de se spécialiser dans la sonorisation. Elle a donc suivi un A.E.C d’une durée d’un an en sonorisation et enregistrement au Cégep de Drummondville.
Cette double formation lui apporte l’avantage de comprendre le métier de chacun et ainsi d’être plus polyvalente et pluridisciplinaire. Un gros atout sur le marché du travail d’après la technicienne.
Il n’existe pas un parcours professionnel « type » pour parvenir à cette profession. Plusieurs cégeps et universités proposent des formations adaptées. Le technicien de son a ensuite le choix de se spécialiser dans un domaine particulier : radio, cinéma, théâtre…
Au Cégep :
– DEC en technologies sonores offert au Cégep de Drummondville
– DEC en technologie de l’électronique option Audiovisuel offert au Cégep du Vieux-Montréal
– A.E.C en sonorisation et enregistrement offert au Cégep de Drummondville et au Collège d’Alma
– A.E.C en techniques de production audio offert à Musitechnic (établissement subventionné par le Ministère de la Culture et le diplôme NNC0F est reconnu par le Ministère de l’Éducation)
– A.E.C en enregistrement et sonorisation offert au Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF, établissement d’enseignement collégial privé)
– A.E.C en techniques de sonorisation et d’enregistrement musical offert par l’Institut d’enregistrement du Canada à Montréal
– A.E.C en enregistrement du son et sonorisation offert à l’Institut Trébas à Montréal
À l’Université :
– Cours de Techniques d’enregistrement stéréo et sonorisation offert dans plusieurs baccalauréats à l’Université de Montréal
Pour obtenir le titre d’ingénieur du son, il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Il existe d’autres appellations que technicien de son liées au domaine de spécialisation. Par exemple, dans le domaine du spectacle on parle de sonorisateur, dans celui du jeu vidéo, artiste sonore…
Et après ?
Le technicien de son peut travailler dans l’industrie du disque et du spectacle, dans l’industrie du cinéma, pour des télédiffuseurs et des radiodiffuseurs, dans l’industrie du jeu vidéo, dans des entreprises spécialisées en acoustique ou encore des studios d’enregistrement.