Difficile de ne pas se souvenir du drame qui a touché Lac-Mégantic en 2013 : l’explosion de wagons-citernes remplis de pétrole a déclenché un gigantesque incendie. Les inspecteurs des mesures antipollution sont intervenus sur ce site contaminé pour concevoir des stratégies d’interventions appropriées afin de réduire la pollution. Heureusement, ils n’attendent pas une catastrophe pour agir. En contrôlant les industries, mais aussi les milieux naturels et résidentiels, ces spécialistes maintiennent un environnement de la meilleure qualité possible. Après avoir effectué des analyses sur les éventuelles sources de pollution, ils décident si les responsables doivent prendre des mesures pour respecter les normes gouvernementales.
Journée type
Une journée dans la vie de Mohamed
Les journées dans la peau d’un inspecteur des mesures antipollution sont très différentes selon qu'elles se déroulent sur le terrain ou au bureau.
Environ 40 % de son temps, Mohamed le passe à sillonner le Québec pour contrôler des industries : minéralurgie, papeterie, toute industrie qui a une cheminée s’élèvant dans le ciel ! L’inspecteur intervient avec ses collègues à la demande des directions régionales de l’environnement du Ministère.
Aujourd’hui direction l’Outaouais pour surveiller les émissions atmosphériques d’une usine de pâtes et papiers. L’équipe se dote des outils usuels de surveillance : équipements de mesures de pressions et de températures et d’un analyseur de gaz qui effectue des mesures en direct. Une fois sur place, le spécialiste installe les équipements pour les prélèvements de gaz, récolte des échantillons qu’il enverra au laboratoire d’analyse. Une fois les résultats obtenus, il réalise les calculs pour vérifier si les normes sont respectées. Attention, pas question de travailler sans son équipement de sécurité : casque, bottes, lunettes, masques respiratoires. Dans les endroits plus dangereux, comme les raffineries, il porte aussi combinaison ignifuge et détecteur de gaz.
L’équipe peut également se rendre sur le terrain en compagnie du LARA, le Laboratoire d’analyse des rejets atmosphériques. Dans ce camion, l’inspecteur des mesures antipollution trouve le nécessaire pour effectuer des contrôles selon la législation québécoise. Une fois de retour au bureau, Mohamed rédige des avis et conseils pour les entreprises et pour le ministère. Il évalue les devis et les rapports d’analyses. Il rentrera le soir chez lui avec la satisfaction d’avoir amélioré la qualité de l’air que l’on respire !
Études
Sur les bancs d’école…
Mohamed est chimiste de formation. Il a réalisé un baccalauréat et une maitrise en chimie analytique. Après avoir travaillé dans un laboratoire de chimie plusieurs années à l’étranger, il a appris le métier d’inspecteur des mesures antipollution sur le terrain à son arrivée au Québec.
Au Cégep :
– DEC en assainissement de l’eau proposé au Cégep de Saint-Laurent à Montréal
– DEC en environnement, hygiène et sécurité au travail proposé au Cégep de Jonquière au Saguenay, au Cégep de Saint-Laurent à Montréal et au Cégep de Sorel-Tracy en Montérégie
– DEC en techniques du milieu naturel au Cégep de Saint-Félicien à Saguenay et au Centre d’études collégiales à Chibougamau
Pour exercer ce métier, il faut suivre une formation en environnement et avoir des connaissances scientifiques en physique, chimie et mathématiques.
Et après ?
L’inspecteur des mesures antipollution peut travailler au ministère comme Mohamed. Il peut aussi intégrer des firmes spécialisées en environnement, agir en tant que conseiller dans de grandes entreprises comme des alumineries ou des papeteries ou il peut travailler dans des firmes spécialisées en échantillonnage.