Où est-ce que j’ai mis mes clés ? Qu’est ce que j’étais venu chercher dans cette pièce ? On a tous des petits oublis. Chez les personnes plus âgées, comme tes grands-parents, le cerveau perd un peu de ses performances et ces pertes de mémoire des évènements récents peuvent devenir plus fréquentes. Rien de bien anormal.
Mais lorsque les oublis se multiplient, que la personne perd graduellement ses moyens au point qu’elle arrive difficilement à parler, à reconnaitre les choses ou à accomplir de simples tâches comme utiliser ses couverts pour manger, il s’agit peut-être de la maladie d’Alzheimer.
C’est en 1906 que le médecin allemand Alois Alzheimer découvrit la maladie qui porte son nom. Il pratiqua l’autopsie d’une patiente de 55 ans qu’il avait soignée pendant plusieurs années pour des pertes de mémoire, des troubles de langages… Il fit une découverte étonnante. Le volume du cerveau de la défunte était réduit de moitié et les cellules nerveuses restantes – les neurones – étaient tapissées de petits amas compacts !
Grâce aux avancées scientifiques, nous savons aujourd’hui que la maladie d’Alzheimer provoque la destruction des neurones du cerveau. Dans un premier temps, elle s’attaque à l’hippocampe, cette région vers laquelle convergent toutes les informations pour être mémorisées.
Qu’est-ce qui est à l’origine de cette destruction ? Ni virus, ni bactéries : l’Alzheimer est un dérèglement interne. Des protéines présentes naturellement dans le cerveau se mettent à s’accumuler de façon anormale entre et à l’intérieur des neurones, et forment ce qu’on appelle des plaques amyloïdes (les petits amas que le docteur Alzheimer avait repérés). Ces plaques empêchent alors les informations de circuler et d’atteindre le cerveau. Et le problème, c’est que ces protéines prolifèrent, un peu comme le ferait un virus ou une bactérie, et finissent par envahir tout le cerveau du malade. Et pour l’instant, personne ne sait comment les arrêter.
Pourquoi Alzheimer touche-t-elle particulièrement les personnes âgées ? Normalement, lorsque des corps étrangers comme les protéines anormales se trouvent dans ton corps en faible quantité, les cellules de ton système immunitaire font le ménage et t’en débarrassent. Chez les personnes âgées, le nombre de ces protéines anormales augmente et le système immunitaire, affaibli, n’arrive plus à suivre la cadence. Imagine la suite ! Les protéines responsables de la maladie se répandent de plus en plus vite.
Malheureusement, il n’existe pas encore de solution miracle pour guérir cette maladie qui touche actuellement 120 000 Québécois. Plusieurs pistes sont creusées, comme l’utilisation de protéines du système immunitaire (les anticorps) pour éliminer les protéines anormales et freiner la propagation de la maladie.
Le problème le plus grave : lorsque la maladie est diagnostiquée, il est souvent déjà trop tard ! Idéalement, il faudrait trouver un moyen de la détecter 15 à 20 ans avant l’apparition des symptômes. Des chercheurs se penchent déjà sur ce défi, tests sanguins ou tests génétiques, plusieurs solutions sont envisagées.
En attendant de pouvoir guérir la maladie d’Alzheimer, rien de mieux que de garder son cerveau entraîné pour la prévenir ! Mots croisés, lecture, apprentissage des langues… et garder une vie sociale riche.