Dans le monde des fourmis, pour se rendre d’un point à un autre, il n’existe pas de carte géographique, encore moins de GPS. Et pourtant, les fourmis africaines Megaponera analis, ou fourmi Matabele, réussissent à trouver le trajet le plus rapide pour revenir chez elles.
Les chercheurs allemands qui ont publié ces résultats dans le Journal of Experimental Biology ont suivi 8 colonies vivant près d’une station de recherche écologique située en Côte d’Ivoire.
Course de fourmis
Avant de s’attaquer en bande aux termites, leurs proies préférées, les fourmis envoient des éclaireuses afin de repérer les meilleurs trajets à suivre. L’équipe de chercheurs a donc calculé le temps de parcours entre le nid des fourmis et la termitière. Lorsqu’elles devaient décider entre un chemin plus court, mais parsemé de longues herbes pouvant ralentir leur progression ou un chemin plus long et sans embûche, les fourmis optaient pour ce dernier malgré le détour. Et avec raison : elles mettaient alors en moyenne 35% de temps en moins pour revenir à leur nid.
Chez les autres espèces de fourmis, ce type de décision se prend collectivement alors que chez les fourmis Matabele, les éclaireuses déterminent le parcours pour toute la colonie. C’est un comportement qui a surpris les chercheurs.
«On sait que d’autres espèces de fourmis comptent sur des mécanismes pour naviguer et déterminer le chemin le plus court vers le nid à partir d’un site d’alimentation, explique Erik Franks, un des chercheurs de l’étude. Les compétences de navigation des fourmis Matabele semblent être encore plus complexes, une découverte que nous voulons explorer plus en détail.»
Pour le moment, les biologistes ne connaissent pas encore le mécanisme utilisé chez l’éclaireuse pour calculer le chemin le plus rapide. Mais c’est d’une efficacité presque aussi redoutable que Google Map!
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Photo: Erik Bank