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Sciences

Mario Cyr: caméraman sous-marin

29-07-2016

Bouteille sur le dos et palmes aux pieds, le photographe et caméraman sous-marin Mario Cyr passe des heures à chercher et filmer ses vedettes aquatiques pour de grandes productions. Ce natif des Îles-de-la-Madeleine passe de six à neuf mois par année à plonger un peu partout dans le monde, surtout en eaux froides. Il cumule également des milliers de visites dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Votre travail est-il différent de celui d’un caméraman habituel ?
Nous utilisons le même genre de caméra. Sauf que la mienne est protégée par un habitacle sous-marin. Je dois également tenir compte du fait que l’eau est un filtre. Quand je filme les animaux, il me faut donc m’en approcher le plus possible si je veux assurer aux images une belle définition et obtenir les vraies couleurs.

Que voulez-vous dire ?
La lumière s’atténue en profondeur; les couleurs aussi. On perd d’abord le rouge, puis l’orange, le jaune, et ainsi de suite. À 35 m de profondeur, tout a l’air vert-brun. Il faut donc ajouter une source de lumière pour redonner ses couleurs au décor. On découvre alors que ce qui semblait brun est en réalité orange !

Quels paysages voit-on dans le fond du Saint-Laurent ?
Il y a des vallées, des buttes, des espaces plats; des fonds de roche, de vase, de galets. Le problème, c’est que les gens ont peur de découvrir ces paysages. Même les plongeurs ! Il y en a deux types au Québec : ceux qui ont appris à plonger dans le fleuve et ceux qui ont suivi des cours dans le Sud. Ces derniers sont découragés à l’idée de plonger dans une eau à 4 °C. Pourtant, ça vaut le coup. Il y a des centaines d’espèces : plie, oursin, dollar des sables, maquereau, hareng, chaboisseau, corail mou, etc.

Quel est l’animal le plus difficile à filmer dans le Saint-Laurent ?
Quand je vois une baleine, ici, ça ne dure que cinq secondes. Les baleines ne s’arrêtent jamais, sauf pour s’alimenter. Les capter est plus facile en Antarctique; elles viennent vers moi et je peux passer une demi-heure à les regarder. Là-bas, elles sont curieuses, parce qu’il est rare qu’elles aient de la visite. Dans le Saint-Laurent, il y a beaucoup de circulation.

Et l’animal le plus fascinant ?
Le béluga. Il est très pacifique et il travaille en équipe. J’ai vu de vieux bélugas pousser des bancs de poissons vers les plus jeunes pour leur faciliter la capture. Et ils portent bien leur surnom de canaris des mers; quand on les croise, ça crie de partout !

Photo: Mario Cyr

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