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Environnement

Les couleurs variées des eaux usées montréalaises

16-05-2017

Une drôle de bibitte s’est installée à la Galerie de l’UQAM. Pieuvre, robot, système de piles, turbine, écosystème aquatique ? C’est un peu tout ça à la fois !

À première vue, Plantas autofotosintéticas, de l’artiste mexicain Gilberto Esparza, a de quoi surprendre. Mi-appareil, mi-organisme, l’œuvre est conçue en collaboration avec des ingénieurs et des biologistes.

Elle fait cheminer les eaux usées montréalaises dans des piles microbiennes. Le principe de ces dernières ? Des bactéries produisent de l’électricité en se nourrissant de la matière organique présente dans l’eau. La lumière générée permet la croissance de plantes aquatiques dans le noyau de l’œuvre.

Lorsqu’on regarde Plantas autofotosintéticas de près, on remarque les couleurs variées des eaux, propres à différents secteurs de Montréal.

Il y a la très impressionnante eau verte du Parc-nature du Bois-de-Liesse, dans l’arrondissement Saint-Laurent, colorée par un produit utilisé dans l’industrie aéronautique.

Puis, l’eau rouge de Hochelaga-Maisonneuve, gorgée des levures de bière de la brasserie Molson. Cette eau ne produira d’ailleurs jamais d’énergie puisque les levures, gourmandes, mangent les bactéries qui auraient produit l’électricité.

La grande question : est-ce que ce type de piles microbiennes est utilisée présentement dans le monde industriel ? «Non, mais plusieurs centres de recherche dans le monde travaillent sur ces piles et nous collaborons avec les chercheurs pour échanger des données», affirme Gilberto Esparza.
Le travail de cet artiste aborde divers enjeux de la crise environnementale, puis établit un dialogue entre l’art contemporain, la science et les nouvelles technologies.

Inspirée par les fleuves extrêmement pollués du Pérou, Plantas autofotosintéticas a

déjà été présentée dans plusieurs villes du monde. L’œuvre est à la Galerie de l’UQAM jusqu’au 17 juin.

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