Plusieurs raisons poussent les grizzlys à s’aventurer près des rails dans les parcs nationaux de Banff et de Yoho, conclut une étude canadienne.
Les grizzlys aiment rôder près des voies ferrées – peut-être même trop – qui sont en fait de véritables garde-mangers! C’est du moins ce que soutient une équipe de l’université d’Alberta dans une étude publiée cette semaine dans le journal PLOS ONE.
Depuis les années 2000, les collisions avec les trains représentent 54 % des décès dus à l’homme de ces grands ours bruns-gris vivant dans les montagnes Rocheuses, dans l’ouest du Canada.
Pourquoi le grizzly est-il attiré vers les rails? Selon les scientifiques, les grains s’échappant des wagons, la végétation abondante aux alentours et la présence de cadavres d’animaux heurtés par les trains sont d’autant de raisons qui contribuent à attirer le grizzly.
Suivre le grizzly à la trace
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont muni un groupe de 21 grizzlys de colliers GPS afin de suivre leurs faits et gestes. Ils ont aussi collecté 230 échantillons de (disons-le poliment) fèces d’ursidés sur trois ans afin d’en analyser le contenu.
Dix-neuf des 21 ours bagués se sont baladés près d’une voie ferrée au moins une fois lors des périodes mesurées. Parmi eux, quatre étaient tout particulièrement de grands utilisateurs. Selon les chercheurs, les grizzlys plus chétifs, donc plus bas dans l’échelle sociale, avaient plus tendance à s’aventurer près des voies ferrées.
Des analyses subséquentes ont révélé que les fèces collectées à 150 m et moins des voies ferrées étaient six fois plus susceptibles de contenir des traces de grains (dont du blé, de l’orge, des lentilles). Ces fèces étaient aussi plus riches en traces de viande ainsi qu’en composés végétaux.
De l’importance de rails propres
Le problème est si grave que la population locale de grizzly pourrait être en danger dans les parcs nationaux de Banff et de Yoho. Aujourd’hui, cet emblème du milieu sauvage canadien est considéré comme une espèce dont le statut est préoccupant, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
Cette étude souligne l’importance de nettoyer adéquatement les voies ferrées dans les parcs nationaux concernés, de s’assurer de l’étanchéité des wagons ainsi que de sécuriser les sites de visite pour réduire le nombre de collisions avec les grizzlys, énumèrent les scientifiques.