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Sciences

Place aux animaux génétiquement « édités »

29-06-2017

Si les modifications génétiques vont bon train chez les plantes, les animaux ne sont pas en reste.

La déferlante CRISPR-cas9 a notamment engendré, dans les derniers mois, des porcs résistants au virus du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP), une maladie qui fait perdre des milliards de dollars à l’industrie du porc chaque année, ou encore des vaches résistantes à la tuberculose bovine. Des poules capables de pondre des œufs non allergisants (car ils ne contiennent pas les protéines les plus souvent en cause dans les allergies aux œufs) ont vu le jour en 2016 au Japon. Et on a aussi fait naître des chiens, des cochons, des moutons et même des lapins super musclés, chez qui le gène de la myostatine, qui inhibe la masse musculaire, a été éteint.

Alison Van Eenennaam, généticienne à l’université de Californie à Davis et éleveuse de bovins, n’a pas attendu CRISPR pour éditer le génome de ses vaches. En utilisant une technique appelée TALEN, elle a créé des veaux dépourvus de cornes.

« La plupart des vaches de race laitière ont des cornes, et on doit les faire retirer par un vétérinaire pour leur éviter des blessures. Ce processus est douloureux pour l’animal », a expliqué la chercheuse lors du dernier congrès de l’Association américaine pour l’avancement de la science (AAAS) qui s’est tenu à Boston, en février 2017. Elle a donc « copié » un gène présent chez les vaches de race Angus, qui sont naturellement dépourvues de cornes, et l’a transféré dans des embryons de race Holstein.

Les deux premiers animaux ainsi modifiés ont vu le jour en avril 2015. Deux ans plus tard, six autres veaux sans cornes venaient grossir le troupeau. Seul hic, deux jours avant la fin de son mandat, le 18 janvier 2017, le président Obama a dévoilé un projet de règlement qui obligerait les animaux dont le génome a été altéré à passer par le même processus d’approbation que les nouveaux médicaments. « C’est une catastrophe pour la science. Les biotechnologies ne sont qu’un complément à l’amélioration génétique traditionnelle pratiquée dans l’élevage », s’est indignée Alison Van Eenennaam. Il reste à voir si l’administration Trump maintiendra cette décision.

Image: geneticliteracyproject.org

Texte publié dans le cadre du dossier «bouffe», juillet-août 2017.

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